Notre sélection de fonds solidaires ou de partage

15/08/2008 04:30 - Investir

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L’épargne solidaire offre une solution intéressante pour concilier placements financiers et philanthropie. Les produits financiers solidaires permettent de participer au financement d’«?activités solidaires?»?: création ou développement de petites entreprises par ou pour des personnes en difficulté, achat ou réhabilitation de logements pour des familles en situations précaires, microcrédit dans des pays étrangers,etc. Fonds, assurance-vie, livrets d’épargne… la gamme de produits est variée mais peu connue. Sur le plan des performances, la finance solidaire ne démérite pas. Par exemple, des OPCVM «?solidaires?» affichent sur longue période, dans leur catégorie respective, de bons résultats (parmi eux, Nord Sud Développement, de NatixisAM). Quoique marginale, mais aidée par des dispositions fiscales (voir encadré), l’épargne solidaire progresse. Selon le dernier Baromètre annuel des finances solidaires, l’encours solidaire a crû de plus de 30 % entre2006 et2007, pour atteindre 1,7milliard d’euros. «?Cette forte hausse, observe Guillaume Légaut, directeur de Finansol, association française des finances solidaires, tient à plusieurs facteurs?: une sensibilité croissante des citoyens et des épargnants, le travail des financeurs solidaires [La Nef, Habitat et Humanisme, France Active…], le développement de l’épargne salariale solidaire.?»

Une soixantaine de placements sont identifiés par un label Finansol. Ce label garantit aux épargnants qu’ils contribuent au financement d’activités génératrices d’utilité sociale et atteste de l’engagement de l’intermédiaire financier à offrir à ses souscripteurs une information fiable, régulière et claire sur le produit d’épargne labellisé. La conformité aux critères est contrôlée chaque année.

Les produits solidaires se répartissent en deux familles. D’une part, les fonds de partage, dont tout ou partie des revenus annuels (au moins 25 %) sont reversés par le souscripteur, sous forme de dons, à une association ou à une fondation agréée d’utilité publique. C’est le cas du fonds Faim et Développement, l’ancêtre de la catégorie et le plus important en encours (60,6millions d’euros), créé en 1983 par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et le groupe Crédit Coopératif, leader en matière de collecte de l’épargne de partage. Géré par sa filiale Ecofi Investissements, l’OPCVM reverse son dividende à une dizaine d’acteurs solidaires : CCFD, Frères des hommes…

D’autre part, les produits solidaires au sens large (investissement en direct, OPCVM, livrets d’épargne…), qui financent des projets d’utilité sociale (10 % au minimum des encours y sont destinés). On peut citer le fonds Insertion Emplois distribué par des Caisses d’Epargne. Lancé en 1994 et géré par NatixisAM, Insertion Emplois investit, avec l’association France Active, entre 5 % et 10 % de son actif dans des entreprises solidaires d’utilité sociale. En juillet dernier, le fonds a, par exemple, versé 10.000 dans AC-CES, une entreprise d’insertion orléanaise, spécialisée dans la construction écologique.

En 2007, les placements solidaires ont permis de loger 1.200familles, de financer 13.800entreprises, souvent des sociétés unipersonnelles créées par des personnes en difficulté, et 900institutions de microfinance dans les pays du Sud et de l’Est. Anne-Sophie Vion


Des avantages fiscaux pour convaincre les particuliers d’investir dans le « solidaire »

Les particuliers bénéficient de réductions d’impôt en épargnant solidaire. Le dispositif a récemment été enrichi.

Les acquis . ? L’épargne solidaire investie en actions non cotées donne droit à une réduction d’impôt équivalente à 25?% de l’investissement réalisé, dans la limite annuelle de 20.000€ pour un célibataire (40.000€ pour un couple), sous réserve de conserver les titres au moins cinq ans. ? A vec les placements solidaires de partage, la réduction d’impôt est portée à 66?% des revenus d’épargne solidaire donnés, dans la limite de 20?% du revenu imposable (la déduction d’impôt est de 75?% pour les dons aux associations offrant aide alimentaire, soins et hébergement aux démunis). ? L’épargne salariale solidaire (FCPE solidaires) est exonérée d’impôt sur le revenu. L’épargne doit être bloquée au moins cinq ans pour un PEE et jusqu’à la retraite pour un Perco.

Les nouveautés . ? A l’instar des Perco, les règlements de PEE et PEI devront obligatoirement proposer aux salariés d’investir dans des FCPE solidaires (loi de modernisation de l’économie). ? Les particuliers assujettis à l’ISF, qui souscrivent un placement solidaire sous la forme de parts de capital d’une PME non cotée, peuvent déduire de l’ISF 75 % du montant versé, et ce, dans une limite annuelle de 50.000 et sous réserve de garder les titres au moins cinq ans (loi Tepa). ? Les placements solidaires de partage ouvrent droit à un prélèvement libératoire à taux réduit de 5?% (au lieu de 18?%), hors CSG, sur le montant des intérêts ou dividendes donnés à une ONG («?amendement Finansol?»).


L’épargne solidaire progresse dans le patrimoine des Français