Le Cac perd 2,5%, Alstom décroche
A l'image des principales places européennes, le Cac 40 perd plus de 2% (-2,54%, à 4.475 points) une heure avant la cloche. Rien ne milite, pour l'instant, en faveur d'une remontée de l'indice parisien, entre les mauvaises nouvelles sur le front des entreprises et des statistiques américaines peu réjouissantes.
Une heure avant la clôture, c’est toujours la baisse qui domine en Europe. Les principaux marchés d’actions européens cèdent plus de 2%, après de mauvais chiffres américains, la résurgence des craintes sur l’entrée en récession de l’économie américaine et les nouveaux records du pétrole et de l’euro.
Publié en début d’après-midi, l’indice de la Fed de l’Etat de New York a chuté à -22,23 en mars, après –11,72 en février, touchant son plus bas niveau depuis la création de la statistique en juillet 2001. Les économistes tablaient sur un rebond à -8. Il en va de même en ce qui concerne la production industrielle. Cette dernière a diminué de 0,5% le mois dernier, contre un repli de 0,1% anticipé par les analystes, après une hausse de 0,1% en janvier. Les entrées nettes de capitaux ont par ailleurs reculé à 37,4 milliards de dollars en janvier outre-Atlantique, contre 72,7 milliards en décembre. Un chiffre qui ne permet pas de couvrir le déficit commercial, puisqu'étant ressorti à 58,20 milliards de dollars en janvier. Légère consolation : le déficit courant s’est légèrement réduit au quatrième trimestre, à 172,94 milliards de dollars, contre 177,44 milliards (révisé de 178,46) sur la période juillet-septembre et un solde négatif de 184,1 milliards de dollars anticipé par les analystes. Un dernier chiffre est attendu ce soir, à 18 heures, l’indice immobilier NAHB de mars.
Par ailleurs, la décision de la Réserve fédérale d’abaisser d’un quart de point, à 3,25%,son taux d’escompte a été perçue comme un signe négatif, celui que la crise pourrait être pire que ce que les opérateurs envisageaient jusque là. Dans ce contexte, l’ensemble de la communauté financière aura les yeux rivés, demain, vers la Fed, qui doit rendre sa décision en matière de politique monétaire. Les économistes tablent désormais sur une détente de 100 points de base à 2% du taux des Fed funds. Certains évaluent par ailleurs à 20% la possibilité d’une baisse de 125 points de base.
Du côté des entreprises, les bancaires sont particulièrement attaquées aprèsl’annonce du rachat de Bear Stearns par JP Morgan Chase au prix symbolique de 2 dollars par action. A New York, le titre de la banque chute de 88%. Elle a d’ailleurs décidé d’avancer à ce soir, après la clôture des marchés new yorkais, la publication de ses résultats trimestriels, qui était initialement prévue mercredi.
A 16 heures 30, le Cac 40 recule de 2,54% à 4.475 points dans un volume d’affaires de plus de 6 milliards sur les quarante valeurs de l’indice. A Londres, le Footsie perd 2,61% à 5.484 points et, à Francfort, le Dax baisse de 3,07% à 6.253 points. A New York, le Dow Jones perd 0,53% à 11.887 points et le Nasdaq 1,41% à 2.181 points.
Le baril de brut léger américain perd2 dollars à 108,16 dollars après avoir inscrit un nouveau record à 111,80 ce matin en réaction à la chute du billet vert. Ce dernier a inscrit un nouveau plancher historique à 1,5905 pour 1 euro cette nuit, avant de revenir autour de 1,5779 sous l’effet de prises de bénéfices sur la devise européenne.
Les valeurs bancaires sont à la peine. Société Générale abandonne 7,93% à 63,30 euros, BNP Paribas perd 4,05% à 54,21, Crédit Agricole SA 3% à 17,16 et Dexia 4,84% à 15,74 euros. Parmi les autres financières, Axa baisse de 5,46% à 19,55 euros.
Alstom lâche 8,25% à 124,69 euros, affecté par l’avertissement sur résultats lancé par le conglomérat industriel Siemens. Le groupe allemand table sur un impact négatif de l’ordre de 900 millions d’euros sur ses comptes du troisième trimestre après audit des grands projets de ses divisions énergie, transport et services informatiques.
Air France-KLM cède 2,88% à 15,52 euros. Le conseil d’administration d’Alitalia a annoncé hier avoir accepté le projet d’offre publique d’échange présenté par la compagnie franco-néerlandaise. La parité proposée est d’une action Air France-KLM pour 160 actions Alitalia, valorisant le transporteur transalpin 10 centimes d’euro par titre, soit 138 millions d’euros, contre un cours de 0,5383 euro en clôture à Milan vendredi. Air France-KLM envisage par ailleurs d’acquérir les obligations convertibles en actions émises par Alitalia et s’engage à garantir une augmentation de capital de 1 milliard d’euros.
Carrefour baisse de 1,93% à 46,15 euros alors que la famile Halley a indiqué, par la voix de son représentant au conseil de surveillance du groupe, qu’elle n’entendait pas céder sa participation " maintenant ". Bernard Bontoux a en effet déclaré au Figaro que vendre au cours actuel serait inopportun.
Enfin, bioMérieux plie de 1,53% à 70,65 euros. Le spécialiste du diagnostic in vitro a vu son bénéfice net diminuer à 98 millions d’euros en 2007, contre 105,3 millions un an plus tôt. Le résultat d’exploitation diminue de 1,7% à 149,9 millions d’euros, tandis que le chiffre d’affaires augmente de 2,5% à 1,06 milliard. Le groupe propose un dividende de 0,76 euro par action. Pour l’exercice en cours, BioMérieux vise une croissance de son chiffre d’affaires à périmètre et taux de change contants comprise entre 7,4% et 8,5%. Le groupe relève par ailleurs son objectif de marge opérationnelle courante qui pourrait être comprise entre 16% et 17% à l’horizon 2012 sur la base des taux de change de 2007.
