Pétrole : l’Arabie saoudite apaise un peu les marchés

Steam and other emissions are seen coming from a funnel at an oil refinery on the outskirts of Melbourne - MICK TSIKAS/REUTERS
L'Arabie saoudite se mobilise pour dissiper les craintes d'un nouveau choc pétrolier. Alors que les violences en Libye hier et les inquiétudes d'une pénurie de l'offre de pétrole qui en découlent ont fait flamber les cours de l'or noir à près de 119,8 dollars pour le baril de Brent, Riyad intervient. Le pays a annoncé vendredi avoir augmenté sa production de pétrole de plus de 700.000 barils par jour, pour atteindre 9 millions de barils par jour. Soit une hausse de 8,4%. «Nous avons beaucoup de capacités de production», a déclaré une source à l'agence Reuters. Selon les estimations, l'Arabie saoudite produisait 8,3 millions de barils par jour en janvier.
Le pays aurait par ailleurs engagé des «discussions actives», révèle le Financial Times , avec les compagnies pétrolières européennes afin de trouver un moyen de compenser les baisses de production liées aux événements en Libye. Ces révélations ont permis, temporairement tout au moins, d'apaiser la panique pétrolière. Après avoir gagné près de 10 dollars en peu de temps, la bulle pétrolière s'est quelques peu dégonflée hier : le baril de Brent est passé de près de 120 dollars en séance à 110 en clôture. Une intervention officielle de l'Opep pourrait ancrer la tendance.
Le calme, pour combien de temps ?
Mais ce calme relatif pourrait être de courte durée. En début de semaine, l'OPEP a fait savoir depuis Ryad qu'elle serait prête à augmenter sa production en cas de pénurie. «S'il y a avait une diminution de l'offre, en raison de perturbations dans des pays producteurs, les pays de l'Opep, comme l'Arabie saoudite, accroîtront leur production». Des déclarations qui n'ont pas freiné durablement la hausse des cours.
De fait, les troubles en Libye ne constituent pas le seul facteur de hausse. La crainte d'une contagion de la révolte à d'autres pays au Moyen et au Poche-Orient, comme à Barhaïen, en Jordanie ou au Yémen, alimentent la hausse de l'or noir. L'Algérie pourrait également s'engager dans cette voie. Or, un arrêt de la production en Algérie et en Lybie diminuerait considérablement la capacité de production de l'Opep et pourrait même atteindre des niveaux proches de ceux connus au moment de la guerre du Golfe. L'Arabie Saoudite, elle, a pris les devants en annonçant 36 milliards d'aides sociales et 15% de hausses de salaires pour les emplois publics.
Outre cette menace de contamination, cette flambée des cours du pétrole met en péril la reprise de la croissance mondiale : les coûts des entreprises augmentent et le pouvoir d'achat des ménages s'effrite.
