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L'euro titille les 1,35 dollar

19/01/2011 10:36 - JDF

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Luxembourg's PM Juncker talks to ECB President Trichet during a euro zone finance ministers meeting in Brussels - FRANCOIS LENOIR/REUTERS

 

L’euro est «trop fort», jugeait la semaine dernière Nicolas Sarkozy. Ce qui n’empêche pas la monnaie unique de continuer à grimper. Ce mercredi matin, l’euro a très brièvement dépassé la barre de 1,35 dollar - une première depuis le 23 novembre 2010 - avant de retomber vers 1,3450. Un scénario de ricochet qui s’est déjà vérifié trois fois depuis décembre. Selon l’analyste technique, si l’euro parvient à «casser» cette résistance, la voie est ouverte vers les 1,38 dollar, un niveau qu’il avait atteint début novembre dernier, quand la monnaie unique s’était propulsée à 1,42 dollar.

Quand le taux de change euro/dollar monte, cela peut s’expliquer par une remontée de l’euro d’un côté, et/ou une baisse du dollar de l’autre. Depuis quelques jours, les deux côtés jouent en faveur d’une reprise de la devise du Vieux Continent.

En effet, l’euro est plébiscité alors que des opérations d’émissions d’obligations ont été réussies en Europe, notamment par l’Espagne, qui a placé 5,5 milliards d’euros à des taux en baisse pour la première fois depuis plusieurs mois, et la Grèce, qui a emprunté à 4,10%, en début de semaine. En outre, l’Eurogroup, qui s’est réuni lundi et mardi, a avcné sur les prochaines mesures sur les dettes souveraines européennes. Au final, l’augmentation du Fonds Européen de Stabilité Financière pourrait être validée même si l’Allemagne souhaite prendre son temps.

Aussi, des rumeurs de marché font état d’un intérêt poussé de la Russie sur l’achat massif d’obligations de dettes souveraines, rumeur qui a poussé la devise des Dix-Sept vers des sommets.

Enfin, l’indicateur Zew allemand, très regardé , qui donne le ton sur la confiance des investisseurs, a bondi plus fortement que prévu en janvier. Ce qui permet de confirmer la belle reprise outre-Rhin, où la croissance devrait atteindre 2,2 à 2,4% en 2011.

États-Unis et Chine confrontent leurs monnaies

Mais c’est surtout le dollar qui a fortement baissé, face à la plupart des autres monnaies, alors que des discussions entre les présidents américain et chinois à Washington vont tourner autour du marché des changes. Barack Obama va réitérer sa demande aux Chinois de laisser s’apprécier davantage le yuan. Les États-Unis et la Chine se sont régulièrement affrontés ces derniers mois sur ce sujet, Barack Obama estimant que Hu Jintao maintient volontairement sa monnaie faible pour stimuler ses propres exportations. Ce que l’on peut aussi appeler la dévaluation compétitive ou le dumping monétaire, et ce qui a conduit à parler de guerre des monnaies. Mercredi dernier, le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, accusait encore la Chine comme responsable du déficit de la balance commerciale des États-Unis vis-à-vis de la Chine, en hausse de 26% l’an dernier, à 181 milliards de dollars.

Pour autant, la Chine, a fait un petit pas en avant en annonçant la semaine dernière que, pour la première fois, les Américains pourraient effectuer des transactions en yuans aux États-Unis. «Nous préparons le jour où notre monnaie deviendra pleinement convertible», a expliqué le directeur général de la branche new-yorkaise de la Bank of China sur le site Internet du Wall Street Journal. Mais Pékin reste ferme et répète qu’elle entend définir elle-même le calendrier de cette internationalisation et ne pas céder aux pressions étrangères. Selon les experts, il faudra énormément de temps, sûrement des décennies, pour que le yuan soit une devise internationale.

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Rabreau, Marine