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S'il fallait une preuve de la performance du modèle économique de L'Oréal, elle est arrivée. Au premier semestre, les résultats du géant des cosmétiques ont été supérieurs aux attentes des analystes. L'action s'est envolée de 3,85 % le jeudi 26 août, en tête du CAC 40 sur la journée.
Rebond de la rentabilité dans le luxe La marge opérationnelle a retrouvé son record historique du premier semestre 2008, à 17,3 %. La rentabilité s'est nettement redressée dans les produits de luxe. Elle est passée de 12 % à 18 % du chiffre d'affaires, malgré une
« phase d'investissement » chez Yves Saint Laurent Beauté. Le groupe veut faire de cette marque l'une des cinq premières mondiales dans le luxe. En revanche, la performance des produits grand public, qui représentent plus de la moitié du résultat opérationnel consolidé, a un peu déçu. Les coûts de lancement d'une gamme de déodorants ont provoqué une légère contraction de la marge d'exploitation. Toutefois, pour l'ensemble de l'exercice, la profitabilité de cette activité devrait être comparable à celle de l'an précédent. L'évolution du chiffre d'affaires, tirée par la performance des pays émergents et des produits de luxe, était déjà connue. L'effet de change a accentué la progression des recettes. Mais il a pesé sur la marge brute d'exploitation à cause de la couverture des variations de change des filiales étrangères. Pour le second semestre, Jean-Paul Agon, directeur général, affiche sa confiance, malgré un environnement économique incertain.
« L'Oréal est clairement sorti de la crise transformé et renforcé », se réjouit le dirigeant.
Perspectives encourageantes Le groupe attend une croissance du marché cosmétique mondial de 3 à 4 % sur l'année, et espère faire mieux. Au premier semestre, la consommation de produits cosmétiques s'est avérée globalement stable dans les pays développés, contrairement aux dynamiques régions émergentes. Jean-Paul Agon évoque un
« appétit de consommation inexorable » dans ces régions. La Chine est devenue le troisième pays de L'Oréal, après les Etats-Unis et la France. Sur l'ensemble du globe, la société mène une stratégie offensive. Elle est gérée avec une vision de long terme et un objectif : conquérir 1 milliard de nouveaux consommateurs dans le monde dans les dix prochaines années. C'est pourquoi L'Oréal a continué à investir pendant la crise, tout en réduisant les frais administratifs. Cette année, ces efforts se poursuivent : les investissements en recherche et développement et en publipromotion ont progressé au premier semestre. Ces dépenses sont très importantes pour gagner des parts de marché dans ce secteur très concurrentiel. Le groupe a les moyens de continuer son développement. Les flux de trésorerie générés par l'activité ont atteint un niveau record au premier semestre et la dette nette ne représente qu'un peu moins de 12 % des fonds propres. Certains analystes espéraient le lancement d'un programme de rachat d'actions, mais rien n'est prévu pour l'instant. L'Oréal privilégie une politique d'acquisitions ciblées.
NOTRE CONSEILAchat fort, en visant 95 euros (code : OR, Comp. A, SRD). Ces résultats confortent notre bonne opinion de L'Oréal, dont le modèle économique est solide. La qualité du dossier justifie une valorisation boursière élevée.