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« Il faut réserver le PEA aux petites capitalisations »

28/08/2010 00:00 - JDF

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Pourquoi s'intéresser aux petites valeurs de la cote parisienne ? Nous avons constaté que les petites sociétés surperforment les grandes depuis 2000, lorsque les marchés sont à la hausse. Quand les grandes valeurs se replient, les petites ne font pas pire. Les petites sociétés peuvent connaître un superbe parcours. Au début des années 70, Jacques Borel International s'est introduit à la Bourse de Paris. Personne n'y croyait. A l'époque, le groupe ne comptait que trois brasseries. Aujourd'hui, cette société est devenue Edenred et elle vaut plusieurs milliards d'euros. N'y a-t-il pas des risques dont il faut tenir compte ? Effectivement, il y a des risques de différentes natures. Le premier, c'est le manque de liquidité. Le deuxième, c'est la santé du marché en général. Le contexte actuel n'aide pas les petites valeurs. De plus, une petite société est une structure fragile. Le chef d'entreprise a souvent une importance primordiale. Les équipes peuvent se faire débaucher. Comment gérer au mieux ces risques ? Il faut raisonner en termes statistiques. Sur dix sociétés qui viennent en Bourse, trois vont faire la performance des sept autres. Parmi ces sept, quatre ne vont guère évoluer, et trois vont mourir. L'idée essentielle est de se constituer un portefeuille, avec des valeurs d'Alternext ou de l'Eurolist C, peu importe. Concernant la liquidité, j'invite les particuliers à se renseigner sérieusement sur les sociétés de gestion qui s'intéressent aux petites capitalisations. Quelles mesures préconisez-vous pour favoriser le développement des petites sociétés ? Je prône essentiellement deux mesures. La première, c'est de réserver le plan d'épargne en actions aux petites capitalisations. Cela permettrait de les soutenir de manière efficace. Une société comme Saint-Gobain n'a pas besoin de fonds de la part de particuliers. Son actionnariat est international, alors qu'une petite société française a un actionnariat hexagonal. De plus, des fonds sur les pays émergents sont éligibles au PEA, cela n'a vraiment pas de sens. Par ailleurs, concernant les fonds communs de placement, il faut réduire les exigences de liquidité. On ne peut pas demander à un gestionnaire d'assurer une liquidité quotidienne sur les parts de son fonds s'il met plusieurs mois à vendre une ligne de son portefeuille. Je pense qu'il faudrait donner un délai de un ou deux mois pour la vente de parts. Cette mesure s'applique à de nombreux hedge funds. Elle est très efficace. La loi Tepa est précieuse mais elle n'est pas suffisante. Elle permet de financer les PME à hauteur de 1 milliard d'euros par an. Dans le cadre de cette loi, nous inscrivons des sociétés au Marché Libre, ce qui est un premier pas vers la Bourse. De manière générale, il faut encourager les levées de fonds. Les PME ont besoin d'environ 5 milliards d'euros par an pour se financer. Les levées de fonds cumulées sur Alternext depuis la création de ce marché, en 2005, représentent 2 milliards d'euros. C'est insuffisant. Il faut que tous les acteurs en prennent conscience. On ne peut pas se féliciter de la bonne marche d'Alternext.
PROPOS RECUEILLIS PAR OLIVIER AUBERGER