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L'échange de blocs, une réalité

28/08/2010 00:00 - JDF

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Les non-avertis accusent trop souvent les professionnels d'avoir recours à des pratiques douteuses ou opaques. C'est le cas pour l'échange de blocs de titres, par exemple sur une petite valeur. Nous ne partageons pas cet avis et, pour comprendre, nous vous expliquons en quoi consiste l'opération. Un actionnaire significatif d'une petite société veut vendre des titres. Comme la liquidité est insuffisante sur le marché, il s'adresse à un courtier spécialisé. Cet intermédiaire se charge de lui trouver une contrepartie à un prix défini. L'achat de titres peut se faire avec une décote ou une surcote, tout dépend de la négociation des acteurs. En général, cette opération est favorable au minoritaire. En premier lieu, elle évite au vendeur de « massacrer » une valeur peu liquide en se débarrassant de ses titres, comme cela s'est vu au plus fort de la crise en 2008. Dans ce cas-là, le cours chute très rapidement et il ne reflète plus les fondamentaux de la société. En deuxième lieu, en général, si un gérant achète, il complète sa ligne en reprenant quelques actions sur le marché, ce qui fait monter le cours. En troisième lieu, la discrétion de l'échange de blocs est saine. En effet, si tout le monde apprend qu'un paquet important d'actions est à vendre, personne n'a envie d'acheter la valeur. En revanche, si cela se fait de manière discrète, le cours de l'action n'est pas déstabilisé. Ce système est sain d'autant qu'il n'est pas réservé aux petites valeurs. Il arrive que des paquets d'actions de grandes sociétés soient vendus de la même manière. Ce fut le cas avec Bolloré lorsqu'il s'était séparé d'une partie de ses actions Vallourec. Ici encore, cela évite de déstabiliser le marché et le cours de la valeur. De son côté, le particulier se doit de regarder les volumes. S'il voit une énorme quantité de titres négociée à un cours précis en une seule fois, il s'agit d'un bloc qui a changé de mains. Le minoritaire doit ensuite se renseigner sur l'acheteur et le vendeur, en lisant la presse ou les déclarations à l'Autorité des marchés financiers.