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«Nous avons un biais consommation dans les pays émergents»

20/08/2010 10:22 - JDF

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Etes-vous sensibles aux thèmes à la mode comme le rendement, les pays émergents ou les fusions-acquisitions? Le rendement et les fusions acquisitions sont des thèmes secondaires dans le portefeuille de LBPAM Actions Euro. Quand nous choisissons une société, c’est pour sa valeur intrinsèque, son histoire, son management et non parce qu’elle peut faire l’objet d’une offre d’achat. En revanche, les belles sociétés en croissance et qui ne sont pas très chères constituent des cibles potentielles. On avait SSL International dans les portefeuilles, groupe propriétaire de la marque Scholl et des préservatifs Durex. En très forte croissance, cette société vient de faire l’objet d’une offre d’achat de Reckitt Benckiser. En outre, pour le rendement, nous avons un autre fonds d’actions qui est spécialisé sur ce thème, LBPAM Actions Dividendes Europe. De ce fait nous avons davantage un biais différent qui est celui de la consommation dans les pays émergents. Il s’agit d’un thème que nous avons renforcé depuis quelques années, d’autant plus que la crise économique n’a pas remis en cause leur dynamisme tandis les pays développés ont voté des plans d’austérité. Nous avons donc renforcé la part des entreprises qui sont exposées à la croissance de la consommation dans les émergents, comme LVMH dans le luxe, Pernod Ricard dans les boissons, Danone dans l’agroalimentaire ou encore Daimler et Michelin dans l’automobile. Mais nous avons aussi un certain nombre de valeurs industrielles, comme Schneider et Alstom, compte-tenu des besoins en infrastructures dans les pays émergents. Au final, notre biais le plus fort est celui des entreprises qui réalisent une part importante de leur chiffre d’affaires dans les zones à forte croissance.

Quelles sont vos principales surpondérations? Aujourd’hui, nous avons une surpondération importante dans les médias (Reed Elsevier, Publicis, SES) et les technologies pour bénéficier des investissements des entreprises (SAP et ASML, société qui fournit des machines à l’industrie des semi-conducteurs). Nous sommes surpondérés dans le secteur de la santé mais avec des capitalisations moyennes comme Essilor et Biomérieux plutôt qu’avec un grand groupe comme Sanofi. Nous préférons les valeurs périphériques qui sont exposées aux pays émergents et au vieillissement de la population.Par rapport à l’indice de référence du fonds, ces thèmes vont représenter de 1 à 2% de surpondération. Pendant la crise, nous étions beaucoup plus surpondérés sur les valeurs défensives comme la santé, notamment avec Sanofi, mais nous avons réduit cette position au profit des médias et de la technologie. Nous avons opéré ce mouvement très progressivement. En outre, depuis le début de l’année, nous étions souspondérés sur les banques, mais la publication du test de résistance qui a été très rassurant et la prorogation à 2018 de la réforme Bâle III nous a incité à revenir sur des titres de qualité, comme BNP Paribas, Intesa ainsi que sur Santander et BBVA qui sont toutes deux très exposées à l’Amérique latine.

Comment gérez-vous les risques de sous-performance de votre fonds? Nous préférons rester sur nos convictions, être patients plutôt que d’acheter des titres spéculatifs sur lesquels nous n’avons pas de forte conviction. Ainsi, l’année dernière nous avions acheté du Daimler parce que l’exposition à l’activité camions nous semblait intéressante en raison du redémarrage économique et leur présence sur le segment du véhicule premium. Nous avons commencé à acheter vers 30 euros en septembre 2009 mais au mois de février 2010, le groupe a annoncé des objectifs très conservateurs qui ont déçu. Le titre a donc rebaissé à 30 euros, niveau sur lequel nous avons renforcé la position car notre nouvelle analyse confirmait notre impression initiale. Actuellement, le titre a rebondi à 42 euros car les dirigeants ont relevé leurs estimations de bénéfice.

Antoine, Joël