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«Je suis positif sur les obligations d’entreprises»

12/08/2010 11:20 - JDF

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jdf.com : Comment peut-on classer votre fonds : dans la catégorie obligataire ou diversifiée?

Richard Woolnough : Le M&G Optimal Income Fund est un fonds obligataire flexible conçu pour bénéficier des flux de rendement les plus élevés et d'un risque en capital restreint. Cette orientation nous conduit à le composer essentiellement d'obligations, qu'elles soient émises par des Etats ou des entreprises, « investment grade » ou haut rendement, mais nous trouvons aussi des opportunités dans l'environnement des actions d'entreprises dont certaines peuvent offrir de meilleures valorisations que leurs obligations.
Dans ce fonds, nous pouvons investir jusqu'à 20% du portefeuille en actions, mais je n'ai jusqu'à présent jamais dépassé 10%. Leur proportion dans le fonds varie en fonction de nos anticipations sur les secteurs et de leur niveau de valorisation, et chaque participation en actions dépasse rarement 0,5% de la valeur liquidative du fonds.
Actuellement, les secteurs dans lesquels je préfère les actions par rapport aux titres de dette sont les télécommunications, la pharmacie, le pétrole et le gaz. Ainsi, notre portefeuille détient quelques actions françaises comme Sanofi, France Telecom ou Total. Comme vous pouvez le voir, il s'agit de grandes valeurs européennes dont les actions s'avèrent plus attrayantes que les supports de dette.

Quelles sont vos anticipations d'évolution de la courbe des taux d'intérêt et de l'inflation?

Je pense que les taux d'intérêt vont rester très faibles longtemps encore car l'économie a besoin de taux bas aux Etats-Unis ainsi qu'au Royaume Uni et en Europe. C'est un point commun à tous les pays de l'OCDE et la principale évolution depuis le printemps dernier. En avril dernier, j'étais confiant sur le fait qu'une forte baisse des taux d'intérêt et que la politique budgétaire permettraient d'éviter la déflation. Mais quand on regarde la réponse des marchés à ces mesures, je me demande à présent si nous devrions avoir une inflation aussi basse, entre 1 à 2%, et des taux d'intérêt proches de 0%. Si l'on considère que les mesures budgétaires produisent leurs effets au bout de 18 mois pour ranimer l'économie, la reprise qui est survenue au cours des six derniers mois provient de la baisse des taux d'intérêt qui s'est concrétisée en 2008 et 2009. Cet effet se dissipe à présent et la croissance ralentit alors que nous n'avons plus de munitions pour soutenir l'économie. Dans ces conditions, les taux d'intérêt devraient rester très bas, ce qui nous conduit à adopter une position neutre sur l'évolution de la courbe des taux car nous nous demandons jusqu'où ce rallye baissier peut aller.

Quelles en sont les conséquences pour votre fonds?

Il faut se demander combien de temps les taux d'intérêt vont rester bas. Si l'on estime que les taux vont rester faibles pendant un à deux ans, il faut investir dans les obligations à court terme, et si l'on anticipe que les taux vont rester faibles vingt ans, il faut se placer sur la dette à long terme. Actuellement, je positionne le portefeuille sur des obligations qui ont une durée de vie de cinq à dix ans parce que j'estime que cette partie de la courbe rémunère bien et que les taux vont rester bas longtemps. La flexibilité du fonds permet d'ajuster la duration de nos investissements obligataires en fonction de nos anticipations économiques. Je garde une approche positive sur les obligations d'entreprises, qui devraient bien performer dans les conditions économiques actuelles. Elles intègrent toujours dans leurs niveaux actuels un scénario de récession et un niveau de défauts bien supérieur à ceux observés sur des bases historiques, alors que de nombreuses sociétés sont en bonne santé financière.

Le fonds est-il investi uniquement en obligations d'entreprises ?

La particularité du fonds est d'être flexible au sein de toutes les classes d'actifs obligataires. Nous avons quelques emprunts d'Etat car ils nous apportent la liquidité nécessaire pour faire face aux mouvements de souscription et rachats. Je préfère cette catégorie car les produits monétaires ne rapportent vraiment plus grand chose. Sinon, en effet, le plus clair du portefeuille est investi en obligations d'entreprise. Nous avons aussi actuellement environ 30% d'obligations à haut rendement, une part que nous pourrions renforcer dans les mois à venir.
Propos recueillis par Joël Antoine