Archives Journal des Finances

« Il faut s’intéresser à la diversification quand on n’en a pas besoin »

04/08/2010 11:49 - JDF

  Texte plus grand Texte plus petit Séparateur
Où en sommes nous dans la phase de dépréciation des actifs commencés il y a quatre ans ?

La déflation ne s'étend pas à toutes les classes d'actifs : les bons du trésor, qui représentent le placement sans risque par excellence, subissent la conséquence de la baisse des taux d'intérêt sur leur rémunération mais leur valeur en capital est préservée. En outre, l'or a monté et l'immobilier progresse dans certaines régions, notamment à Paris. La hausse des cours obligataire et la faiblesse des actions trouvent leur origine dans le scepticisme des investisseurs sur la pérennité de la reprise. Dans une certaine mesure cette tendance commençait à se dessiner avant l'éclatement de la crise éclate car on constate une baisse tendancielle des PER aux Etats-Unis depuis le début des années 2000. En résumé, les investisseurs ne croient pas tellement à une reprise des actions et cela explique la hausse de l'or. En outre, les cinq dernières années montrent que les marchés sont rarement stables. Actuellement la valorisation présente une protection assez faible et la tendance n'est pas très bonne. Nous restons prudents, voire pessimistes, sur les actions pour les douze mois à venir. Nous ne tablons pas sur un crash mais sur une légère baisse.

Quelles classes d'actifs peut-on privilégier ?

Le crédit me semble être une classe d'actif intéressante. L'investisseur qui garde l'obligation jusqu'à l'échéance encaisse un rendement supérieur à l'action et récupère le capital alors que sur l'action il court un risque sur la valorisation par le marché. Même dans un scénario de croissance faible, l'entreprise arrivera à payer les coupons et à rembourser le capital et n'aura pas besoin de réaliser un taux de croissance soutenu de ses bénéfices, conditions favorables que l'investisseur en actions recherche. La base est beaucoup plus élevée lorsque l'on est actionnaire que lorsque on est obligataire, c'est pour ça que l'on voit dans les périodes molles, et aux Etats-Unis actuellement, le haut rendement se comporter mieux que les actions.
Autre classe d'actif à privilégier : les actions à fort dividende lorsque on investit dans les pays développés. Dans les marchés un peu difficiles que nous connaissons actuellement, il est économiquement justifié de privilégier le rendement élevé plutôt que le style croissance. En outre une telle position est plus facile à tenir et atténue la volatilité du portefeuille. Pour autant que l'on n'ait pas besoin du capital à court terme, on peut se contenter du flux.


La corrélation des classes d'actifs dans les phases de stress ne remet-elle pas en cause l'utilité de la diversification d'un portefeuille ?

Non, car tout n'a pas baissé pendant les périodes de stress. La corrélation entre les actions et les emprunts d'Etat reste inverse sur les trois dernières années. Donc si on a perdu sur les actions, on a partiellement récupéré sur les obligations. Et cela dépend de l'allocation de départ. L'objectif de la diversification n'est pas d'éviter toute perte en capital mais de lisser la performance, éviter les à coups de la valeur d'un portefeuille. Il ne faut pas se focaliser sur les fluctuations à court terme ou sur les cas extrêmes dont la fréquence de survenance est très rare. En fait, il faut s'intéresser à la diversification quand on n'en a pas besoin, quand tout va bien. La performance est plus flamboyante dans les phases de hausse parce que l'effet diversification permet d'investir davantage dans des classes d'actifs plus risqués offrant des rendements plus élevés.