L'optimisme gagne l'aéronautique civile, la défense suscite l'inquiétude

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EADS a lancé un signal fort au marché en relevant ses ambitions de croissance. Les prises de commandes de sa filiale Airbus dépasseraient 400 avions cette année. L'avionneur a aussi annoncé une augmentation plus forte que prévu des cadences de production pour la famille A320, de 36 appareils par mois d'ici à la fin décembre jusqu'à 40 unités au premier trimestre 2012.
Une forte sensibilité au dollar
L'embellie du secteur aérien sera dès cette année visible sur le niveau d'activité d'EADS. A partir d'un nombre de livraisons, qui devrait être désormais proche de 500 avions, EADS vise plus de 44 milliards d'euros de facturations, contre un peu moins de 43 milliards initialement anticipés. Seul bémol, les dirigeants ont maintenu leur prévision de résultat d'exploitation à 1 milliard d'euros en raison de l'impact négatif des changes. Au premier semestre, la politique de couvertures a fortement contribué à la chute de 54 % du résultat d'exploitation (406 millions d'euros) alors que le chiffre d'affaires est resté solide, à 20,3 milliards d'euros (+ 0,5 %).
Du coup, c'est surtout Safran qui a tiré le mieux son épingle du jeu cette semaine en Bourse. Le titre a gagné 6,49 % le 28 juillet après l'annonce de performances semestrielles supérieures aux attentes. La marge d'exploitation s'est redressée de 6,6 à 8,2 % grâce à des facturations en légère progression de 0,9 % (5,2 milliards d'euros) et aux retombées positives des mesures d'optimisation des coûts. Le fabricant de moteurs d'avions a rehaussé à 8 % son estimation de marge d'exploitation annuelle sur la base d'une stabilité de l'activité autour de 10,4 milliards d'euros. A l'inverse de la confiance affichée dans l'aéronautique civil, les discours tenus sur l'avenir du marché de la défense ont été plus réservés.
L'ensemble des acteurs partagent les mêmes inquiétudes sur la perspective d'une restriction des dépenses budgétaires, notamment en Europe. Thales est le plus fortement soumis à cette menace. Le titre de l'équipementier électronique a reculé de 4 % après la publication de résultats semestriels pourtant en net redressement. Les comptes se sont soldés à fin juin par un triplement du résultat d'exploitation (204 millions d'euros), lié notamment à la non-récurrence de provisions pour des décalages de contrats.
Parmi les préoccupations de Thales, les programmes de l'avion de transport A400 et du système turc de patrouille maritime Meltem, pour lesquels des provisions ne sont pas exclues au second semestre. Les dirigeants se sont contentés de maintenir leurs objectifs annuels d'une stabilité de l'activité (13 milliards d'euros) et d'une hausse de la marge d'exploitation à un niveau modeste compris entre 3 et 4 %, contre 1,2 % en 2009.
NOTRE CONSEIL
Achat spéculatif sur EADS (code : EAD, Comp. A, SRD) et Safran (code : SAF, Comp. A, SRD) avec un objectif respectif de 22 et 25 euros pour jouer l'embellie dans l'aéronautique civile. Neutre sur Thales (code : HO, Comp. A, SRD), dont le groupe Dassault, propriétaire du Journal des Finances, est actionnaire.
Achat spéculatif sur EADS (code : EAD, Comp. A, SRD) et Safran (code : SAF, Comp. A, SRD) avec un objectif respectif de 22 et 25 euros pour jouer l'embellie dans l'aéronautique civile. Neutre sur Thales (code : HO, Comp. A, SRD), dont le groupe Dassault, propriétaire du Journal des Finances, est actionnaire.
CHRISTELLE DONGER
