« Nous avons bénéficié de la reprise de la production »
Faurecia a fait état d'une très forte amélioration de ses résultats sur les six premiers mois de l'année. Quel regard portez-vous sur cette performance ?
Je suis heureux de ce semestre marqué par le retour à un bénéfice net de 101,9 millions d'euros et un à chiffre d'affaires à 6,82 milliards, avec une croissance des ventes de 54 % à données publiées (+ 33 % à données comparables). Plusieurs éléments ont joué.
D'abord, nous récoltons les fruits des restructurations menées depuis 2007, lesquelles se sont intensifiées avec la crise en 2009. En trois ans, nous avons pu réduire de 25 % notre point mort. Outre la maîtrise de nos coûts, nous avons bénéficié de la reprise de la production automobile partout dans le monde. Au final, cela a permis à la marge opérationnelle de remonter à 3,2 % du chiffre d'affaires : c'est mieux qu'au cours du premier semestre de 2008, avant la crise. A nous de continuer dans cette voie !
Les constructeurs prévoient une seconde partie d'année plus difficile en Europe de l'Ouest. Quel en sera l'impact pour vous ?
Effectivement, l'arrêt complet des mesures de soutien du type primes à la casse va entraîner un recul d'environ 9 % de la production automobile en Europe de l'Ouest. Toutefois, notre forte présence chez les spécialistes allemands du haut de gamme - lesquels sont peu touchés par la fin des primes à la casse - doit nous permettre de limiter entre 5 et 8 % la baisse de nos ventes. Au plan mondial, celles-ci devraient évoluer à l'intérieur d'une fourchette de - 2 à + 2 %. En effet, l'Amérique du Nord et l'Asie resteront très dynamiques ; la progression de nos facturations y sera respectivement d'environ 11 à 14 % et de 20 à 25 %.
Faut-il y voir une des raisons pour lesquelles vous relevez vos objectifs 2010 ?
Oui, en partie. Même si Faurecia réalise encore deux tiers de ses ventes en Europe, le groupe s'internationalise de plus en plus et jouit d'un portefeuille de clients plus équilibré. De ce fait, nous tablions en février sur une croissance organique des ventes de 4 % pour l'année 2010. En réalité, elle oscillera entre 13 et 16 %. De même, l'objectif de résultat opérationnel est relevé de 200 à plus de 340 millions d'euros. Enfin, le free cash flow dépassera 100 millions d'euros, alors que nous nous contentions d'indiquer simplement qu'il serait positif.
Où en est-on de l'intégration d'Emcon Technologies et des activités allemandes du suédois Plastal ? Fin juin, vous avez aussi repris sa filiale espagnole...
Emcon Technologies est une acquisition majeure. Grâce à elle, nous doublons de taille dans le contrôle des émissions de CO2 : segment où la croissance sera la plus élevée de nos quatre grands métiers - autour de 11 % par an sur la période 2009-2014. L'intégration d'Emcon (consolidé dans nos comptes depuis le 1er janvier 2010) se déroule bien, même si sa contribution en termes de résultats reste encore modeste. Je vous confirme que nous attendons 60 millions d'euros de synergies en 2012.
Quant à Plastal, la taille des activités reprises étant plus petite, l'intégration est plus rapide et aura un effet positif dès la fin de l'exercice actuel. Avec la partie espagnole en plus des actifs allemands, nous renforçons notre position de leader européen sur les pare-chocs.
Ces derniers mois, vous avez aussi noué deux alliances en Chine. Dans quel but ?
Premier marché automobile mondial désormais, la Chine est une priorité majeure. Jusqu'ici, Faurecia a accompagné l'implantation de ses clients : tous des constructeurs occidentaux. A présent, il faut s'ancrer plus profondément, en particulier auprès d'acteurs locaux. C'est le but des coentreprises que nous allons créer avec l'équipementier Xuyang (dans lequel nous allons prendre 18,75 % du capital) et avec le constructeur Geely via son fournisseur Limin. De 22 usines et 300 ingénieurs actuellement, notre dispositif en Chine va passer à 33 sites de production et 600 ingénieurs en 2014. Dans le même temps, le chiffre d'affaires devrait plus que doubler, de 670 millions à 1,7 milliard d'euros.
Quels sont vos autres axes de développement pour les années à venir ?
Outre le renforcement de notre présence en Asie, nous souhaitons surtout accroître le contenu technologique de nos produits et continuer à jouer un rôle de premier plan dans la consolidation du secteur.
Sur le premier point, nous allons dans les deux ans à venir augmenter nos dépenses d'investissement et de R&D. Sur le second point, nous restons attentifs aux opportunités d'acquisitions, mais nous ne nous lancerons pas dans de grosses acquisitions en cash.
Un chiffre d'affaires de 16,5 milliards, une marge opérationnelle entre 5 et 6 % en 2014... La feuille de route à long terme n'est-elle pas trop ambitieuse ?
C'est un défi de taille pour Faurecia. Mais je suis confiant car nous avons pris un bon départ et évoluons dans une industrie de programme, nos contrats courant sur la durée de vie du véhicule. Autrement dit, nous connaissons à l'avance ce que nous coûtent les pièces que nous livrerons dans deux ou trois ans. C'est là un point essentiel pour améliorer la marge unitaire sur coût variable. Et d'une manière générale, le groupe a déjà considérablement amélioré la rentabilité de ses programmes. Pour le reste, le respect des objectifs de croissance va surtout dépendre de notre capacité à croître très vite hors d'Europe.
Que répondez-vous à ceux qui disent que Faurecia reste un assembleur peu présent sur les produits à forte valeur ajoutée ?
Ils se trompent ! La donne change car l'enrichissement technologique de nos produits est continu : qu'il s'agisse des sièges, des panneaux de portes, des tableaux de bord ou du contrôle des émissions. Ce n'est pas par hasard si 38 % de nos commandes proviennent des champions allemands du haut de gamme, dont l'exigence en matière de technologie est bien connue !
L'entreprise a-t-elle encore besoin du soutien financier de son actionnaire PSA ?
Pas vraiment. Une fois l'épicentre de la crise traversé, Faurecia a retrouvé son autonomie sur le plan financier vis-à -vis de PSA Peugeot Citröen. Aussi, je ne vois pas de problème dans l'allégement de la participation de PSA (laquelle est passée de 72 % à 57 %). Cela ne signifie pas qu'il ne jouera plus à l'avenir son rôle d'actionnaire de référence.
Je suis heureux de ce semestre marqué par le retour à un bénéfice net de 101,9 millions d'euros et un à chiffre d'affaires à 6,82 milliards, avec une croissance des ventes de 54 % à données publiées (+ 33 % à données comparables). Plusieurs éléments ont joué.
D'abord, nous récoltons les fruits des restructurations menées depuis 2007, lesquelles se sont intensifiées avec la crise en 2009. En trois ans, nous avons pu réduire de 25 % notre point mort. Outre la maîtrise de nos coûts, nous avons bénéficié de la reprise de la production automobile partout dans le monde. Au final, cela a permis à la marge opérationnelle de remonter à 3,2 % du chiffre d'affaires : c'est mieux qu'au cours du premier semestre de 2008, avant la crise. A nous de continuer dans cette voie !
Les constructeurs prévoient une seconde partie d'année plus difficile en Europe de l'Ouest. Quel en sera l'impact pour vous ?
Effectivement, l'arrêt complet des mesures de soutien du type primes à la casse va entraîner un recul d'environ 9 % de la production automobile en Europe de l'Ouest. Toutefois, notre forte présence chez les spécialistes allemands du haut de gamme - lesquels sont peu touchés par la fin des primes à la casse - doit nous permettre de limiter entre 5 et 8 % la baisse de nos ventes. Au plan mondial, celles-ci devraient évoluer à l'intérieur d'une fourchette de - 2 à + 2 %. En effet, l'Amérique du Nord et l'Asie resteront très dynamiques ; la progression de nos facturations y sera respectivement d'environ 11 à 14 % et de 20 à 25 %.
Faut-il y voir une des raisons pour lesquelles vous relevez vos objectifs 2010 ?
Oui, en partie. Même si Faurecia réalise encore deux tiers de ses ventes en Europe, le groupe s'internationalise de plus en plus et jouit d'un portefeuille de clients plus équilibré. De ce fait, nous tablions en février sur une croissance organique des ventes de 4 % pour l'année 2010. En réalité, elle oscillera entre 13 et 16 %. De même, l'objectif de résultat opérationnel est relevé de 200 à plus de 340 millions d'euros. Enfin, le free cash flow dépassera 100 millions d'euros, alors que nous nous contentions d'indiquer simplement qu'il serait positif.
Où en est-on de l'intégration d'Emcon Technologies et des activités allemandes du suédois Plastal ? Fin juin, vous avez aussi repris sa filiale espagnole...
Emcon Technologies est une acquisition majeure. Grâce à elle, nous doublons de taille dans le contrôle des émissions de CO2 : segment où la croissance sera la plus élevée de nos quatre grands métiers - autour de 11 % par an sur la période 2009-2014. L'intégration d'Emcon (consolidé dans nos comptes depuis le 1er janvier 2010) se déroule bien, même si sa contribution en termes de résultats reste encore modeste. Je vous confirme que nous attendons 60 millions d'euros de synergies en 2012.
Quant à Plastal, la taille des activités reprises étant plus petite, l'intégration est plus rapide et aura un effet positif dès la fin de l'exercice actuel. Avec la partie espagnole en plus des actifs allemands, nous renforçons notre position de leader européen sur les pare-chocs.
Ces derniers mois, vous avez aussi noué deux alliances en Chine. Dans quel but ?
Premier marché automobile mondial désormais, la Chine est une priorité majeure. Jusqu'ici, Faurecia a accompagné l'implantation de ses clients : tous des constructeurs occidentaux. A présent, il faut s'ancrer plus profondément, en particulier auprès d'acteurs locaux. C'est le but des coentreprises que nous allons créer avec l'équipementier Xuyang (dans lequel nous allons prendre 18,75 % du capital) et avec le constructeur Geely via son fournisseur Limin. De 22 usines et 300 ingénieurs actuellement, notre dispositif en Chine va passer à 33 sites de production et 600 ingénieurs en 2014. Dans le même temps, le chiffre d'affaires devrait plus que doubler, de 670 millions à 1,7 milliard d'euros.
Quels sont vos autres axes de développement pour les années à venir ?
Outre le renforcement de notre présence en Asie, nous souhaitons surtout accroître le contenu technologique de nos produits et continuer à jouer un rôle de premier plan dans la consolidation du secteur.
Sur le premier point, nous allons dans les deux ans à venir augmenter nos dépenses d'investissement et de R&D. Sur le second point, nous restons attentifs aux opportunités d'acquisitions, mais nous ne nous lancerons pas dans de grosses acquisitions en cash.
Un chiffre d'affaires de 16,5 milliards, une marge opérationnelle entre 5 et 6 % en 2014... La feuille de route à long terme n'est-elle pas trop ambitieuse ?
C'est un défi de taille pour Faurecia. Mais je suis confiant car nous avons pris un bon départ et évoluons dans une industrie de programme, nos contrats courant sur la durée de vie du véhicule. Autrement dit, nous connaissons à l'avance ce que nous coûtent les pièces que nous livrerons dans deux ou trois ans. C'est là un point essentiel pour améliorer la marge unitaire sur coût variable. Et d'une manière générale, le groupe a déjà considérablement amélioré la rentabilité de ses programmes. Pour le reste, le respect des objectifs de croissance va surtout dépendre de notre capacité à croître très vite hors d'Europe.
Que répondez-vous à ceux qui disent que Faurecia reste un assembleur peu présent sur les produits à forte valeur ajoutée ?
Ils se trompent ! La donne change car l'enrichissement technologique de nos produits est continu : qu'il s'agisse des sièges, des panneaux de portes, des tableaux de bord ou du contrôle des émissions. Ce n'est pas par hasard si 38 % de nos commandes proviennent des champions allemands du haut de gamme, dont l'exigence en matière de technologie est bien connue !
L'entreprise a-t-elle encore besoin du soutien financier de son actionnaire PSA ?
Pas vraiment. Une fois l'épicentre de la crise traversé, Faurecia a retrouvé son autonomie sur le plan financier vis-à -vis de PSA Peugeot Citröen. Aussi, je ne vois pas de problème dans l'allégement de la participation de PSA (laquelle est passée de 72 % à 57 %). Cela ne signifie pas qu'il ne jouera plus à l'avenir son rôle d'actionnaire de référence.
NOTRE CONSEIL
Achat spéculatif, avec un objectif confirmé à 20 euros (code : EO, Comp. A, SRD).
Achat spéculatif, avec un objectif confirmé à 20 euros (code : EO, Comp. A, SRD).
PROPOS RECUEILLIS PAR JÉRÔME MARMET
