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Révolutions en marche dans l'informatique

24/07/2010 00:00 - JDF

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On se croirait revenu à l'ère de la bulle Internet ! Avec une croissance annuelle de 25 %, le cloud computing (« nuage informatique », en anglais) remporte un succès incontestable. Il devrait se poursuivre, car, même avec cette croissance, les 17 milliards de dollars consacrés au cloud computing ne représentent que 5 % des investissements informatiques mondiaux.
Pour comprendre l'intérêt de ce service, il faut en saisir les tenants et les aboutissants. L'entreprise cliente décide d'externaliser une grande partie de ses ressources informatiques auprès d'un partenaire spécialisé. L'idée est d'y recourir, selon ses besoins, par le biais d'Internet. Le client n'a plus besoin d'acheter de serveurs, ces gros ordinateurs qui coûtent très cher. Il lui suffit d'un ordinateur standard pour accéder, à la demande, à une puissance de calcul impressionnante. Non seulement l'utilisateur gagne en souplesse, mais il réalise de substantielles économies. La SSII partenaire réalise, quant à elle, des économies d'échelle car elle peut affecter de nombreux clients à un même centre de données.
Atos Origin, Steria, Capgemini, toutes les SSII veulent tirer parti de ce nouveau filon. Chacune met en avant les spécificités de son offre pour convaincre les clients d'adopter cette solution. Chez Atos Origin, le cloud computing est l'ADN de la filiale Worldline dédiée aux transactions électroniques. En effet, il est possible de s'abonner, en quelque sorte, à la plate-forme pour que les paiements des clients transitent par les serveurs de Worldline. La facturation est liée au volume de transactions réalisées, avec un coût pour chaque échange. Steria a opté pour ce qu'elle sait faire de mieux, c'est-à-dire la gestion des grandes infrastructures. L'offre de cloud computing est très bien étudiée. En effet, grâce à un partenariat avec Cisco, le service peut être déployé très rapidement. Enfin, pour Capgemini, une des offres consiste à proposer l'accès aux applications de Google.
La forte croissance du SaaS
La location de logiciels en ligne est une évolution logique de ce processus d'externalisation. En termes savants, c'est ce qu'on appelle le SaaS, pour Software as a Service. L'utilisateur peut utiliser son logiciel à distance, à travers l'infrastructure cloud computing de son partenaire. Avantage immédiat : il est inutile d'acheter des licences, très onéreuses. Cela évite aussi de se lancer dans de coûteux projets d'intégration, aux issues incertaines, sources de nombreux échecs. Pour le moment, les clients signent des contrats de longue durée avec les éditeurs de logiciels. Pour un prix convenu à l'avance, ils ont accès en temps réel aux dernières mises à jour et peuvent bénéficier de l'aide du prestataire.
Pour les éditeurs, le SaaS implique un changement de modèle économique. A court terme, il y a un manque à gagner, compensé par la récurrence du chiffre d'affaires. A long terme, les éditeurs sont en mesure d'augmenter les prix de manière quasi indolore pour les clients. Le SaaS s'avère très rentable une fois que les éditeurs peuvent compter sur une base installée importante.
Quelques éditeurs sont des spécialistes du SaaS. Depuis sa création en 1999, Salesforce s'est focalisé sur la gestion des relations clients pour les entreprises, avec une application qui tourne uniquement sur Internet. Avec plus de 1,3 milliard de dollars de chiffre d'affaires, la société est sans conteste leader du créneau à l'échelle mondiale.
Il existe cependant des freins au développement de ces nouvelles technologies. Les clients craignent pour la sécurité de leurs données sensibles. C'est une résistance plus psychologique que technique car les prestataires sont en mesure de sécuriser les échanges entre les machines virtualisées. Plus ennuyeux, ces offres dépendent de la disponibilité d'Internet. Si l'accès au Web tombe en panne, l'utilisateur est bloqué. Un inconvénient ponctuel qui ne devrait pas remettre en cause le développement de ces offres réellement innovantes.
DOSSIER RÉALISÉ PAR OLIVIER AUBERGER ET LOÏC DANTON