Sanofi-Aventis à l’image de son patron : dynamique, ambitieux et prometteur

FRANCE-COMPANY-SANOFI AVENTIS-RESULTS - AFP
«Il a le profil pour s'imposer à la tête d'un groupe comme Sanofi-Aventis», prédisaient, le 1er décembre 2008, les analystes de Raymond James, quand Chris Viehbacher* a pris la tête du laboratoire. Une tête riche de vingt ans d'expérience dans l'industrie pharmaceutique, posée sur des épaules solides pour diriger le quatrième groupe du monde dans le secteur, des qualités humaines saluées par ses proches, un engagement personnel contre le cancer et pour la recherche... Chris Viehbacher est apprécié dans son secteur, et des analystes.
Pour ces derniers, l'arrivée de ce manager à l'anglo-saxonne chez Sanofi-Aventis a suscité de grands espoirs pour le groupe. D'emblée, le message était clair : il faut réograniser le groupe et le dynamiser par des acquisitions ciblées de sociétés de «petites et moyennes tailles» (jusqu'à 15 milliards de dollars) et de molécules et des conclusions d'accords de licence.
Une pluie d'acquisitions en un an et demi
A peine arrivé à la tête du géant pharmaceutique, Chris Viehbacher a tenu parole : il a concrétisé une cinquantaine d'acquisitions, d'alliances,d 'accords ou de partenariats dans plusieurs domaines, comme la santé grand public, les produits vétérinaires, les vaccins, les biotechs, les génériques, etc.
La dernière rumeur en date, révélée vendredi 2 juillet par l'agence Bloomberg a surpris par sa taille : le PDG aurait dit début juillet à son conseil d'administration qu'il préparait l'acquisition aux Etats-Unis d'une société d'une valeur d'au moins 20 milliards de dollars. Du côté de Sanofi-Aventis, comme d'habitude, on ne «commente pas les rumeurs de marché».
Chez les analystes, tout est possible. «Si, il y a 18 mois, une acquisition de plusieurs milliards de dollars n'était pas envisageable, la crédibilité du nouveau management augmente, et ce dernier pourrait se lancer dans une grosse acquisition afin d'insuffler une nouvelle dynamique au groupe», commente CM-CIC. Avec un gearing faible (inférieur à 5%) et une trésorerie importante (quelque 8 milliards d'euros avant avant dividendes), les capacités financières de Sanofi-Aventis sont solides.
Quelques idées de cibles courrent : Allergan, le papa du célèbre Botox et spécialiste de l'ophtalmologie ou encore Genzyme, focalisé sur les maladies rares. Baxter, Becton Dickinson et Biogen Idec ont été citées ces derniers jours.
Pour Allergan, un rapprochement ferait sens alors que Marc Cluzel, vice-président du laboratoire chargé de la recherche-développement assurait il y a un mois que Sanofi-aventis allair créer une division dédiée à l'ophtalmologie. Idem pour Genzyme, alors que la dernière annonce officielle du groupe (le 1er juillet) faisait état d'un accord par la Commission européenne pour donner le statut de «médicament orphelin» à la rifapentine pour le traitement de la tuberculose.
D'ailleurs, les cours en Bourse de ces sociétés ont réagi positivement. En revanche, du côté de Sanofi-Aventis, la rumeur ne plaît pas : les actions ont reculé dans un marché en hausse sur fond d'incertitude sur le dossier. En outre, une telle opération signerait un changement d'attitude de la part de Chris Viehbacher, qui avait toujours pensé que les méga-fusions étaient «destructrices de valeur».
Un bilan boursier positif
Depuis le 1er décembre 2008, les actions Sanofi-Aventis sont passées de 43,24 euros à environ 47 euros ce vendredi. Soit une hausse de 8,7% en un an et demi. Une performance parfaitement comparable à celle du CAC 40 sur la même période.
Dans le même temps, ses principaux concurrents comme Bristol Myers Squibb et GlaxoSmithKline gagnaient respectivement 18,4% et 3,7%. Merck a reculé sur la période de 4,9%, Novartis a abandonné 7,8%. Pfizer, lui, a cédé 11,6%.
«Le titre sanofi-aventis affiche une surperformance de 12% contre l'indice sectoriel depuis l'annonce de l'arrivée de Chris Viehbacher», relèvent les analystes de Natixis, qui estime que son statut boursier reste celui d'une société risquée, or «les perspectives sont désormais assurées.»
Les analystes achètent : de bonnes nouvelles attendues
D'Oddo Securities à Deutsche Bank, en passant par Credit Suisse, Natixis, RBS, ou encore CM-CIC, les recommandations sont à l'achat. Et les objectifs de cours oscillent entre 59 et 68 euros. Actuellement à 47,5 euros, la plus-value potentielle serait ainsi comprise entre 24,2% et presque 70% !
Si pour le moment, aucun changement majeur ne pourrait expliquer une hausse soudaine des titres Sanofi-Aventis, une série de bonnes nouvelles est attendue entre le troisième et le dernier trimestre de l'année. Notamment dans les domaines de l'oncologie et le diabète, une branche dans laquelle Sanofi-Aventis est en passe de devenir le leader mondial.
Avec l'espoir que les résultats 2010 seront aussi meilleurs que prévu, comme cela a été le cas en 2009.
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* Chris Viehbacher, germano-canadien de 50 ans, marié et père de trois enfants, a pris la tête de Sanofi-Aventis le 1er décembre 2008, quittant son poste de PDG de la filiale nord-américaine de GlaxoSmithKline, où il est resté 10 ans. Il est marié, a trois enfants et parle allemand, anglais et français. Il a reçu en 2003 la Légion d'honneur.
