Sanofi-Aventis pourrait élargir la taille de ses acquisitions
Y aurait il une évolution dans la stratégie de Chris Viehbacher ? Alors que le patron du géant pharmaceutique, depuis son arrivée à la tête de Sanofi-Aventis en décembre 2008, a strictement respecté sa feuille de route concernant des opérations ciblées, des rumeurs sur une fusion d’envergure aux Etats-Unis ont surpris les marchés vendredi 2 juillet. Selon Bloomberg, la direction préparerait une opération outre-Atlantique de plus de 20 milliards de dollars.
Rappelons que Chris Viehbacher au moment de sa prise de fonction, avait annoncé qu’il privilégierait les rachats de petite et moyenne tailles (jusqu’ 15 milliards de dollars) pour compenser la perte des brevets des principaux produits et redynamiser un pipeline de produits en développement en panne de productivité.
Joignant le geste à la parole, il a depuis réalisé une cinquantaine d’opérations (rachats et partenariats) dans la santé grand public, les produits vétérinaires, les vaccins, les biotechs ou encore les génériques.
Le projet n’en serait qu’à un stade précoce, mais déjà les noms des cibles potentielles circulent. Parmi les plus récurrents, celui d’Allergan, spécialiste américain de l’ophtalmologie mais également producteur du célèbre antirides Botox. Or Sanofi s’est développé ces derniers mois dans les deux domaines, avec le rachat de Fovea en octobre 2009 (ophtalmologie) et celui du spécialiste des produits de santé beauté, l’américain Chattem, en décembre 2009.
Autre cible potentielle, Genzyme, une biotech spécialisée dans les maladies orphelines. Ici aussi, le rapprochement ferait sens. Le laboratoire a d’ailleurs annoncé le 1er juillet que son antituberculeux Rifapentine, commercialisé aux Etats-Unis, venait de recevoir le statut de médicament orphelin.
Si le développement aux Etats-Unis (premier marché pharmaceutique mondial) peut paraître judicieux, les marchés restent toutefois méfiants sur les effets bénéfiques d’une opération de taille, comme le montre l’évolution du titre depuis deux séances (-3% dans un marché en hausse). Chris Viehbacher lui-même s’était montré sceptique sur la pertinence des méga fusions dans l’industrie pharmaceutique, souvent destructrices de valeur. Certes, le laboratoire s’orienterait vers des cibles spécialisées, et pour des montants plus raisonnables que ceux engagés dans les fusions de Pfizer-Wyeth (68 milliards de dollars) et de Merck-Schering-Plough (41,1 milliards de dollars). Mais l’inflexion dans le discours du P-DG et l’incertitude sur la cible potentielle pourrait encore peser sur le cours.
