Tout savoir sur le nouveau système de retraite
Travailler plus longtemps ... l'évolution démographique nous y contraint. Inutile de se bercer de douces illusions. D'ailleurs, le gouvernement nous le fera savoir : tous les assurés qui valident pour la première fois un trimestre auprès des régimes d'assurance vieillesse recevront un document détaillant les règles d'acquisition des droits à retraite. Dès 45 ans un «point d'étape individuel retraites» sera mis en place afin d'informer les assurés sur les différentes mesures d'incitation à la prolongation d'activité et sur les dispositifs leur permettant d'améliorer le montant futur de leur retraite. Bien sûr, cette information ne concernera que la pure répartition. Pour la capitalisation, ils devront se débrouiller seuls.
Lot de consolation, chacun pourront à tout moment consulter par voie électronique le relevé de carrière indiquant le nombre de trimestres validés auprès de l'ensemble des régimes de retraite.
L'âge de départ porté à 62 ans
L'âge légal de départ à la retraite sera 62 ans. L'ajustement par rapport aux 60 ans actuels sera progressif : selon l'année de naissance l'âge augmentera au rythme de 4 mois par an. Rappelons que l'âge légal est celui où il est possible de prendre sa retraite même sans avoir tous ses trimestres.
Dans ce cas, la personne subit une réduction du montant de sa pension appelée décote. Afin de l'annuler, il est possible, soit de poursuivre son activité pour avoir une carrière complète, soit de différer la liquidation de sa pension, sans nécessairement poursuivre son activité professionnelle, jusqu'à l'âge d'annulation de la décote, fixé aujourd'hui à 65 ans.
À 67 ans, une retraite sans décote
Cet âge d'annulation de la décote évoluera au même rythme que l'âge d'ouverture des droits à compter du 1er juillet 2016. Il sera donc progressivement relevé de quatre mois par an, pour atteindre 66 ans en 2019 et 67 ans en 2023.
La réforme sera applicable dans l'ensemble des régimes de retraite de base : ceux du secteur privé comme ceux de la fonction publique. Quelques exceptions à la règle sont néanmoins prévues; elles concernent les assurés relevant de régimes spéciaux où l'augmentation de l'âge de la retraite débutera au 1er janvier 2017, les assurés bénéficiant du dispositif carrières longues et enfin ceux qui pourront prétendre à un départ anticipé au titre de la pénibilité. Par ailleurs, le projet de réforme contient quelques innovations notamment pour les femmes ayant eu des enfants.
Le gouvernement propose de compenser intégralement le congé maternité pour le calcul des droits à retraite en prenant désormais en compte les indemnités journalières perçues au cours de ce congé dans le calcul de la retraite
Enfin, un effort est envisagé en faveur des jeunes qui ont du mal à trouver un premier emploi. Aujourd'hui, ils peuvent valider jusqu'à quatre trimestres d'assurance au titre de la première période de chômage non indemnisé. Cette durée sera portée à six trimestres.
En revanche, une catégorie n'est pas à la fête : il s'agit de celle des épargnants et particulièrement de ceux qui ont choisi l'épargne à risque.
L'actionnaire est mis à contribution
Plusieurs mesures viennent alourdir considérablement la taxation des dividendes et des plus values.
La première est particulièrement violente pour le petits portefeuilles : il s'agit de la suppression du seuil de cession qui permettait jusqu'à aujourd'hui d'échapper à la taxation des plus -values. En 2009, il suffisait de céder pour moins de 25.730 euros de valeurs mobilières et la totalité des plus-values étaient exonérée à la fois d'impôts et de prélèvement sociaux. Ce seuil devait théoriquement être porté à 25.830 euros pour 2010. Mais déjà, depuis le 1er janvier 2010, quel que soit le montant des cessions, les plus values sont soumises aux prélèvements sociaux de 12,1 %. Voila que le gouvernement se propose d'alourdir encore la taxation puisque les plus-values devraient être taxées à compter du premier euro et ce au taux non plus de 18 % mais de 19 % , ce qui porte l'impôt total au taux de 31,1 %
Enfin, le crédit d'impôt perçu au titre des dividendes, commun au PEA et au compte-titres disparaît. Cette survivance de l'avoir fiscal, réduit à 115 euros pour les personnes seules et 230 euros pour un couple, passe définitivement aux oubliettes. Il était pourtant plus que justifié car destiné à éviter une double imposition puisque les dividendes distribués ont déjà subi l'impôt sur les sociétés.
