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Massacrée en 2008, à l'instar de l'ensemble des valeurs automobiles, l'action Renault a signé l'an dernier l'une des meilleure performances du CAC 40. Depuis le début de l'année, elle a, logiquement, subi des prises de bénéfices, et cela alors que les investisseurs s'interrogent sur ce qu'il faut attendre de l'exercice en cours.
« 2010 sera une année de transition, a déjà averti le P-DG, Carlos Ghosn.
Notre priorité reste de dégager un free cash flow
positif (Ndlr : 2,1 milliards d'euros en 2009)
et d'améliorer la part de marché mondiale (+ 0,1 point,
à 3,7 %). » Une année de transition en attendant un nouveau plan Contrairement à la crise de l'an dernier, très violente sur le premier trimestre, l'exercice actuel devrait voir le retour à un bénéfice opérationnel, grâce à la meilleure utilisation des capacités de production. Sur les trois premiers mois, les immatriculations de Renault ont bondi de 32 % dans le monde, mais la seconde partie de l'année sera plus difficile en raison de l'arrêt progressif des primes à la casse. Prudent, le management table donc sur un recul de 8 à 10 % des marchés automobiles en Europe de l'Ouest. Le patron de Renault dévoilera en fin d'année un nouveau plan stratégique, assorti d'objectifs chiffrés. Si la marge opérationnelle de 6 % fixée dans le cadre du plan Contrat 2009 n'a pas pu être atteinte, ce niveau est toujours considéré comme nécessaire pour faire de Renault l'un des constructeurs généralistes les plus rentables en Europe. Du côté des volumes, crise oblige, avec 2,3 millions de voitures écoulées en 2009, Renault est très loin de l'objectif initial des 3,3 millions de véhicules. Là encore, cet objectif pourrait être repris, d'autant que le groupe est porté par le dynamisme du low-cost avec sa gamme Entry, dont les ventes dépassent 500.000 unités par an et qui dégage une marge opérationnelle supérieure à 6 % en Europe. La famille Logan compte désormais six modèles avec le tout nouveau 4 x 4 Dacia Duster. Plus globalement, le rythme des lancements s'est accéléré depuis trois ans (six modèles mis sur le marché ce semestre), de sorte que la gamme est l'une des plus jeunes d'Europe. Seul point noir, son absence dans le haut de gamme (en dehors de la filiale coréenne Samsung Motors) depuis les échecs de l'Avantine et de la VelSatis, mais l'alliance avec Daimler (propriétaire de Mercedes) peut être susceptible d'y remédier. Par ailleurs, le développement à l'international doit aussi s'accélérer avec deux zones prioritaires : la Russie et l'Inde (où le français produira avec l'indien Bajaj une voiture ultra-low cost). Reste enfin la question de la dette trop lourde, selon Carlos Ghosn (6 milliards d'euros à fin 2009), mais Renault n'attendra pas 2014 avant de rembourser les 3 milliards prêtés par l'Etat français.