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« En 2009, les fonds obligataires et monétaires ISR (investissement socialement responsable) ont pour la première fois dépassé les fonds actions en termes d'encours », note Anne-Catherine Husson-Traore, de Novethic, précisant qu'il s'agit d'
« un phénomène français ». Et la directrice générale d'expliquer que,
« dans le cas de la sélection d'actions en fonction du respect des critères ESG (environnement, social et gouvernance) par les sociétés concernées, l'offre a précédé la demande. Cela a été le cas inverse pour l'évaluation des émetteurs obligataires ». Ainsi, l'Erafp (Etablissement de la retraite additionnelle de la fonction publique), investi à plus de 80 % en obligataire, a souhaité en 2006 devenir un investisseur exclusivement ISR. Désireuses de répondre aux appels d'offres des institutionnels, les sociétés de gestion ont étendu leur analyse ISR, souvent inspirée par les rapports d'une agence de notation extra-financière spécialisée, l'allemande Oekom. Si l'offre ISR la plus large se trouve du côté des FCP actions, avec 165 produits, il existe déjà 43 fonds obligataires ISR. Ces fonds représentent 10 % des encours ISR, mais,
« si l'on prend en compte la gestion dédiée et l'épargne salariale, la proportion d'obligataire s'établissait à 47 % en 2008 », note Novethic. Tous les gérants de fonds obligataires ISR sont convaincus de l'intérêt de combiner analyses financière et extra-financière afin de mieux cerner les risques d'un investissement obligataire (
voir ci-contre). Leurs méthodes de sélection sont toutefois très différentes, ainsi que leurs indices de référence.
Des méthodes hétérogènes Chez Dexia AM, par exemple, l'équipe ISR travaille en amont de l'équipe financière :
« La Finlande - considérée comme un bon élève par ailleurs - est ainsi écartée du spectre d'investissement du fonds Dexia Sustainable Euro, car le pays n'a pas ratifié l'accord sur les mines antipersonnel », explique Isabelle Cabie, responsable de l'offre ISR de la banque franco-belge. Sans exclure des secteurs entiers, comme il est habituel chez les gérants anglo-saxons, les fonds français n'admettent généralement pas les entreprises du secteur de l'armement. Les gérants peuvent aussi appliquer des critères propres. Ceux du fonds Allianz Euro Crédit SRI, par exemple, observent en amont de leur sélection si l'émetteur respecte les droits de l'homme. Toute la difficulté de l'évaluation du caractère ESG d'un émetteur public, qu'il s'agisse d'un Etat, d'une collectivité locale ou d'une agence supranationale, est dans le choix des critères. Pour Alban de Faÿ, gérant d'Amundi Crédit Euro ISR,
« les entreprises pourraient proposer, à terme, des émissions obligataires dédiées au financement de projets de développement durable. Cela pourrait constituer une réponse adéquate aux investisseurs ISR, soucieux de l'utilité de leurs placements ». NOTRE CONSEILLe fonds de Dexia AM (code Isin : LU0344240048) reflète une vision pure de l'ISR. La poche solidaire de BNP Paribas Obli Etheis (FR0010076893) permet d'investir aussi dans la microfinance.