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Regain de spéculations sur Renault et Daimler

20/03/2010 00:00 - JDF

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Après le feuilleton PSA-Mitsubishi, qui n'a pas débouché sur l'alliance capitalistique attendue, c'est au tour de Renault et de l'allemand Daimler d'être au centre des rumeurs sur un nouveau rapprochement dans l'automobile. Et, en la matière, les deux constructeurs n'ont pas, par le passé, été logés à la même enseigne : alors que l'alliance Renault-Nissan scellée en 1999 est une réussite, le mariage Daimler-Chrysler s'est soldé par un divorce, l'américain passant ensuite dans le giron de Fiat. A ce stade, rien n'est encore officiel, mais Renault et Daimler discutent depuis quelques mois de l'intérêt d'une éventuelle alliance et pourraient opter pour une participation croisée qui se limiterait à 10 % du capital ; Nissan serait également partie prenante. Mais comme pour PSA-Mitsubishi, l'écart entre les capitalisations boursières des deux constructeurs pénalise le français. Valorisé près de 39 milliards d'euros, Daimler vaut trois fois plus que Renault (seulement 9,7 milliards). Dans ces conditions, prendre ne serait-ce que 10 % du capital en cash coûterait très cher à l'ancienne régie nationale, d'autant que l'un des objectifs prioritaires de Carlos Ghosn est de réduire la dette (5,9 milliards d'euros à fin 2009). En conséquence, les investisseurs ne voient pas forcément d'un très bon oeil une alliance capitalistique avec Daimler. Pourtant, sur le papier, celle-ci aurait des avantages tant les gammes se complètent. Depuis les échecs de l'Avantime et de la VelSatis, Renault est absent du haut de gamme et ne s'appuie que sur Nissan (via sa marque Infinity) et sur Samsung Motors. De son côté, le propriétaire de Mercedes - dont les berlines émettent en moyenne 160 g de CO2 au kilomètre - a beaucoup à apprendre du savoir-faire de Renault dans les petites motorisations et les véhicules électriques. En cas d'élargissement de l'alliance avec Nissan à Daimler, l'ensemble ainsi formé passerait la barre des 7 millions de véhicules vendus par an. Il doublerait alors General Motors et talonnerait de près Volkswagen et Toyota.
NOTRE CONSEILAchat spéculatif avec un objectif inchangé à 45 euros (code : RNO, Comp. A, SRD). Renault est censé profité du regain de spéculation, mais l'attention des investisseurs se focalise sur les conditions financières d'une telle alliance.
JÉRÔME MARMET