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Vivendi jugé coupable

06/02/2010 00:00 - JDF

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Vivendi a été rattrapé par son passé. Poursuivi dans une class action (recours collectif) à New York, il a été reconnu coupable de tous les chefs d'accusation par le jury. Il lui était reproché d'avoir caché sa crise de liquidités entre 2000 et 2002. Jean-Marie Messier et Guillaume Hannezo, ex-PDG et directeur financier, ont été relaxés. La responsabilité porte sur la seule société, ce qui a surpris les parties prenantes.
Vivendi devra indemniser les actionnaires. Une grille de surévaluation du titre a été établie jour par jour. L'indemnité est fixée à 50 % de la surévaluation. Les avocats des plaignants estiment le total à 6,6 milliards d'euros, si tous les épargnants se manifestent. Ce montant, très difficile à établir, est bien supérieur aux attentes du marché (moins de 2 milliards).
Or Vivendi n'a pas fait de provisions dans ses comptes pour le moment. Pour lui, les chiffres évoqués, exagérés, relèvent de la manipulation de cours. « Vivendi veut protéger ses actionnaires actuels contre une action qui risque de lui coûter cher. Il n'est pas normal que les nouveaux actionnaires indemnisent les anciens », justifie Me Pisani, avocat du groupe.
Une solution à l'amiable pourrait être trouvée, avec une transaction. Les avocats des plaignants n'y sont pas opposés, à condition que le montant proposé soit raisonnable. « Nous avons remporté une immense victoire, mais nous sommes ouverts à une proposition de transaction. Notre objectif n'est pas de »ruiner* Vivendi », estime Me Delespaul, représentant des actionnaires français. En effet, après le verdict, une très longue période commence. Le recouvrement prendra plusieurs mois. Le jugement sera ensuite prononcé, puis Vivendi fera appel pour une nouvelle procédure de plus de six mois.
Sûr de son bon droit, le groupe mène plusieurs actions. Il conteste le rattachement des Français à la class action, et a fait appel d'une décision de justice contraire en France. Le jugement doit être rendu le 11 février. La position de Vivendi est inacceptable pour les actionnaires. « En France, nous n'avons pas de procédure similaire à une class action américaine. Les actionnaires français doivent pouvoir défendre leurs droits autant que les américains », lance l'avocat Jean-Marc Goldnadel.
NOTRE CONSEIL
Cette annonce a peu perturbé le cours. Le groupe actuel est solide. Achat pour le rendement (code : VIV, Comp. A, SRD).
FABIENNE BOULOC