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Retour à la normale pour STMicro

30/01/2010 00:00 - JDF

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Le contraste est saisissant. Il y a un an, les mines étaient grises et l'horizon bouché chez STMicroelectronics. Cette semaine, à l'occasion de la publication des résultats annuels, les dirigeants arboraient un large sourire, et l'avenir s'annonçait beaucoup plus radieux. La reprise est passée par là. « Nous avons traversé trois crises en deux ans : financière, monétaire et économique. Ça va mieux maintenant », s'est réjoui Carlo Bozotti. Et le directeur général du groupe franco-italien de l'illustrer avec des chiffres. Au dernier trimestre de l'exercice 2009, l'activité est franchement repartie à la hausse, puisque le chiffre d'affaires a bondi de 14 % par rapport aux trois mois précédents, soit une hausse supérieure aux attentes des analystes. Le résultat opérationnel (hors charges de restructuration) est par conséquent repassé dans le vert, et la marge opérationnelle s'est élevée à 3,5 %. Le rétablissement progressif du potentiel de production du groupe a notamment permis ce redressement des marges. Le taux d'utilisation des capacités de production est remonté à 85 % - au plus fort de la crise, début 2009, ce ratio était retombé à 35 %. Malgré une fin d'exercice plus favorable, impossible pour STMicro de masquer la violence de la crise : la perte nette de 1,13 milliard de dollars, pour l'ensemble de l'année, en témoigne. Mais, pour les dirigeants, ces chiffres appartiennent désormais au passé. « L'industrie des semi-conducteurs est entrée dans un nouveau cycle »,explique Carlo Ferro, le directeur financier. « 2010 sera une année pleine d'opportunités », prédit Carlo Bozotti, qui en a profité pour identifier les priorités du groupe. La poursuite des efforts de restructuration en fait partie. Le programme de réduction de coûts de 1 milliard de dollars, complété à 70 %, devrait s'achever cette année et offrir un levier supplémentaire pour le redressement des comptes. Le taux d'utilisation des capacités de production devrait encore progresser - il s'établira à 90 % dès le premier trimestre - et, dans le même temps, le groupe continuera de recourir à davantage de sous-traitants. La conquête des parts de marché demeure un objectif prioritaire, alors que l'industrie retrouve le chemin de la croissance et que le carnet de commandes est à nouveau plein. « On peine à répondre à la demande », déplore Carlo Bozotti. Enfin, la société souhaite s'ouvrir à de nouveaux segments de marché comme ceux de l'énergie (produits pour consommer moins) et de la santé. Sur le plan financier, les objectifs sont ambitieux. Les dirigeants en sont conscients. Ils n'en sont pas moins réalisables. La société pourrait renouer, dans le courant de l'année, avec une marge opérationnelle comprise entre 9 et 12 %. Le premier trimestre devrait déjà témoigner d'une amélioration des marges par rapport aux derniers mois de 2009 - du jamais-vu depuis 2002 ! Dans ces conditions, l'industriel franco-italien continuera à générer de la trésorerie. L'an dernier, malgré la violence de la crise, la situation bilancielle est redevenue positive grâce à une génération de cash de près de 1 milliard de dollars. La trésorerie nette s'élève à 420 millions. Pas de quoi se lancer dans de nouvelles acquisitions - STMicro s'attelle à la bonne exécution des dernières opérations -, mais assez pour rétribuer les actionnaires, alors que le dividende a été divisé par trois en 2009.
NOTRE CONSEILLes bonnes performances et la visibilité retrouvée rassurent. Mais le marché avait anticipé en partie ce redressement. On pourra repasser à l'achat à la faveur d'une baisse vers 5,80 euros, pour viser 6,70 euros (code : STM, Comp. A, SRD).
ROMAIN GUEUGNEAU