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Les records ne sont pas l'apanage du seul Apple. Le canadien Research in Motion (RIM) en sait quelque chose. L'inventeur du Blackberry en a battu un nouveau en fin d'année 2009 : il a livré 10,1 millions smartphones au cours du troisième trimestre de l'exercice 2009/2010 (clos le 28 février). Conséquence : sa part de marché dépasse désormais 20 %, et le Blackberry maintient son avance sur l'iPhone. Le succès d'Apple a toutefois incité RIM à faire évoluer sa stratégie. La société canadienne ciblait jusque-là une clientèle haut de gamme, composée exclusivement, ou presque, d'hommes d'affaires. Attaqué par Apple sur ce segment, affaibli par la crise et des investissements en baisse dans les entreprises, RIM a décidé d'élargir sa clientèle en visant le grand public. Pari gagné : le grand public représente plus de la moitié des ventes. Mais pour séduire de nouveaux utilisateurs, les prix ont fortement diminué : le prix de vente moyen d'un Blackberry est passé de 357 à 317 dollars en neuf mois. Les marges en ont souffert : en un an, la marge brute a ainsi diminué de 50 à 43 % du chiffre d'affaires. Les volumes de ventes ont toutefois compensé. Au cours du troisième trimestre, le chiffre d'affaires a bondi de 41 % par rapport à la même période l'an dernier, pour se hisser à 3,9 milliards de dollars. Le résultat net s'est élevé à 628 millions, en hausse de 58 %. RIM s'attend à des performances encore supérieures pour le dernier trimestre. A l'instar de l'iPhone, de nombreux Blackberry ont en effet été déposés au pied du sapin, à Noël. Et les ventes devraient par conséquent encore grimper par rapport au trimestre précédent, pour atteindre environ 4,3 milliards de dollars. Les bénéfices pourraient s'apprécier de 10 à 15 %. Malgré ces perspectives, les investisseurs peinent à se montrer enthousiastes. Ils redoutent le coût de la stratégie d'élargissement de la clientèle et boudent la valeur depuis le mois de septembre.
NOTRE CONSEILAcheter pour viser 85 dollars (code : RIMM, New York). Le titre se paie seulement 13 fois les bénéfices estimés en 2010.