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Même dans l'adversité Schlumberger reste une référence

16/01/2010 00:00 - JDF

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Alors que le secteur parapétrolier n'a pas encore refermé le chapitre de la crise, le discours d'Andrew Gould, patron de Schlumberger, à l'occasion de la publication des résultats annuels en fin de semaine prochaine, fera l'objet d'une attention particulière. Difficile de trouver en effet meilleur baromètre de l'activité des services pétroliers que le groupe américain. Ce dernier propose aux compagnies pétrolières différentes solutions pour les aider à découvrir de nouveaux champs pétrolifères (à travers sa filiale WesternGeco, coleader mondial avec CGGVeritas du marché de la sismique), à tirer le maximum de leurs gisements en activité (en augmentant le taux de récupération) et à optimiser le forage de leurs puits. Des dépenses que les groupes pétroliers peuvent, pour certaines d'entre elles, réduire facilement aux premiers vents contraires (alors qu'il est impossible par exemple d'interrompre la construction d'une plate-forme offshore ou d'une usine de liquéfaction). Et ils n'ont pas manqué de le faire tout au long de l'année 2009, notamment en Amérique du Nord, où l'industrie pétrolière locale est dominée par des sociétés indépendantes de taille moyenne, à la forte réactivité et très dépendantes du niveau des prix du gaz. Le nombre de forages sur le sol nord-américain (qui représente 60 % du total des puits forés dans le monde) a chuté de 45 % l'année dernière. Ce qui explique le repli de 35 % du chiffre d'affaires de Schlumberger sur place au cours des neuf premiers mois de 2009 - alors que l'activité a plutôt bien résisté dans les autres zones - et la détérioration de la rentabilité opérationnelle, tombée à 7 % sur la même période, contre 23,2 % en 2008. L'activité d'acquisition de données sismiques a également beaucoup souffert des coupes sombres effectuées par les groupes pétroliers dans leurs budgets d'investissement. La rentabilité de WesternGeco a ainsi baissé de moitié. Le groupe a fait preuve d'une grande réactivité Mais Schlumberger a su réagir rapidement en adaptant sa structure à la nouvelle donne du marché. Les effectifs ont été réduits drastiquement (12.000 postes ont été supprimés), et sa flotte sismique ré- organisée, le groupe imitant en cela son rival CGGVeritas afin de diminuer les surcapacités qui pèsent sur les prix. Les investissements ont aussi été revus à la baisse, à 1,9 milliard de dollars (contre 3 milliards un an auparavant), dans les services et à 490 millions pour WesternGeco (en repli de 28 %). Le groupe les a concentrés dans les domaines les plus porteurs, notamment de la production en eaux très profondes. De la même manière, une seule acquisition, modeste, a été réalisée pour compléter la gamme de solutions. Dans cette période difficile, l'objectif consistait à préserver la génération de liquidités sans hypothéquer l'avenir. Car la direction de Schlumberger - elle l'a répété à de nombreuses reprises - envisage la suite avec sérénité. Le repli des flux d'investissements observé depuis quelques mois devrait se traduire par une offre insuffisante de pétrole lorsque la demande mondiale repartira à la hausse. Aujourd'hui, on observe seulement quelques frémissements. Mais les besoins d'or noir des pays émergents ne sont pas près de diminuer. La situation du marché du gaz apparaît, en revanche, plus compliquée, avec des surcapacités en matière de GNL liées à l'exploitation des gaz non conventionnels, qui connaît une effervescence aux Etats-Unis. Le retour à l'équilibre prendra plus de temps. Quoi qu'il en soit, les compagnies pétrolières devront desserrer tôt ou tard - les spécialistes du secteur tablent sur le second semestre 2010 - le cordon de la bourse, pour des raisons de production et de renouvellement des réserves. Et, fort de sa technologie pointue, Schlumberger est bien placé pour continuer de se tailler la part du lion.
PAR CHRISTOPHE SOUBIRAN