« Nous souhaitons développer l'actionnariat individuel »

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Le flottant de Vilmorin représente un peu moins de 30 % du capital. Environ 8 % de ce flottant est entre les mains des particuliers, et le solde est détenu par des investisseurs institutionnels. Or nous souhaitons développer l'actionnariat individuel, informer nos actionnaires et échanger avec eux. Nous considérons qu'avoir au moins 10 % d'actionnaires individuels serait une bonne chose car ils connaissent bien le groupe et sont généralement plus fidèles que les investisseurs institutionnels.
Quel sera le rôle de ce comité ?
La mise en place est prévue dans le courant du premier semestre 2010. Ce comité sera composé de sept membres, deux administrateurs et cinq actionnaires individuels. Au moins trois réunions par an sont prévues. Le rôle du comité est de mieux cerner les attentes des actionnaires individuels et d'améliorer la communication financière. Cette dernière est rythmée dans l'année par les différentes publications légales, mais nous souhaitons organiser des rencontres privilégiées avec les actionnaires individuels en plus du salon Actionaria et des réunions d'actionnaires auxquelles nous participons.
Sur quels critères les actionnaires qui en feront partie seront-ils choisis ?
Nous avons lancé un appel à candidatures auprès de nos actionnaires. Nous essaierons de trouver un équilibre entre Paris et la province, de respecter la parité hommes/femmes, et nous accueillerons volontiers des personnes ayant des compétences en matière de communication. J'ai évoqué ce projet récemment, lors du salon Actionaria qui s'est déroulé à Paris fin novembre, et nous avons déjà des candidats.
Jusqu'à présent, le titre Vilmorin a plutôt bien résisté...
Le titre a quand même connu de fortes variations. Avant la crise, l'action Vilmorin a touché un plus haut historique à plus de 130 euros (Ndlr : 131,48 euros à la clôture du 14 mai 2008). Un an plus tard, le cours avait été divisé par deux, avant de se stabiliser autour de 80 euros aujourd'hui. Notre titre est pourtant réputé défensif.
Notre activité n'est pas immune à la crise, mais elle a plutôt bien résisté. Le besoin en semences est constant. La crise a surtout affecté la capacité de financement de nos clients, basés en Europe de l'Est.
Comment abordez-vous le nouvel exercice (clôture au 30 juin) ?
Nous sommes confiants dans les perspectives de long terme de nos marchés. La croissance est tirée par l'évolution démographique et par une pénétration plus élevée des semences commerciales dans le monde. Les agriculteurs peuvent utiliser soit des semences de ferme, dont la proportion peut être très importante dans certaines espèces, soit des semences vendues par des établissements publics ou des semences commerciales.
Mais la valeur ajoutée de ces dernières convainc de plus en plus les agriculteurs. Prenons l'exemple de l'hybridation dans le maïs, qui permet d'obtenir de meilleurs rendements. Pour cette espèce, le taux d'utilisation des semences commerciales est de 65 % alors qu'il est marginal dans le blé ; son potentiel est par conséquent très important. C'est l'un de nos principaux axes de développement, avec l'activité semences potagères. Une partie de notre stratégie est de parvenir à mondialiser notre position dans le blé.
Nous évoluons sur un marché en croissance sur le long terme mais, à court terme, nous subissons des à -coups liés à l'évolution des cours des matières premières. Leur baisse a un impact sur le choix des agriculteurs, qui font des arbitrages au dernier moment. Aux Etats-Unis, ils privilégient le soja ou le maïs en fonction des prix sur les marchés agricoles.
Comment vous adaptez-vous ?
Dans notre métier, il faut produire les semences un an à l'avance, parfois deux ans pour certaines espèces. La décision est prise alors que l'on ignore comment vont évoluer les cours des matières premières, quelle sera la récolte qui peut par ailleurs être affectée par des éléments climatiques. La production en contre-saison dans l'hémisphère Sud nous permet d'avoir de la souplesse et de nous adapter en partie à des variations de la demande.
La publication d'un chiffre d'affaires du premier trimestre meilleur qu'attendu vous permet-elle d'être plus précis dans vos prévisions pour l'exercice en cours ?
Nous avons connu un premier trimestre dynamique, avec une hausse de 11 % de notre chiffre d'affaires, une forte croissance de notre activité grandes cultures (+ 26 %) et un bon développement de notre activité semences potagères (+ 5 %). Mais nous sommes toujours prudents en début d'exercice. Le premier trimestre représente traditionnellement moins de 15 % de notre chiffre d'affaires annuel. Dans les semences grandes cultures, la campagne est plus précoce dans le blé, phénomène qui devrait être compensé sur le deuxième trimestre. Il est possible qu'il y ait en Europe plus de semences de ferme utilisées en 2009 à cause de la baisse du pouvoir d'achat des agriculteurs.
Pour nous, ce qui est important, c'est le chiffre d'affaires que nous réaliserons dans le maïs, dont les marges sont supérieures à celles du blé. Cette campagne démarrant début 2010, nous aurons une meilleure visibilité au second semestre de notre exercice.
Globalement, pour l'exercice 2009/2010, nous attendons une croissance de nos activités et une amélioration de nos marges, mais il est trop tôt pour être plus précis.
Que représentent les OGM dans le chiffre d'affaires de Vilmorin ? Quand serez-vous en mesure de commercialiser vos propres traits ?
Nous commercialisons des semences OGM aux Etats-Unis via notre filiale AgReliant, joint-venture détenue à parité avec l'allemand KWS. AgReliant est le quatrième acteur dans le marché des semences de maïs aux Etats-Unis. Cela représente un chiffre d'affaires d'environ 100 millions d'euros pour Vilmorin. Le marché des semences a progressé en moyenne de 9 % par an depuis 2002 tandis que celui des OGM est en hausse de 20 % par an sur la même période. L'évolution technologique dans les OGM va très vite. La première phase concernait la résistance à certains herbicides, la deuxième protège des insectes ravageurs. Les agriculteurs américains sont prêts à payer des prix plus élevés pour des semences qui intègrent trois traits et leur assurent une meilleure récolte. Monsanto devrait prochainement lancer des semences avec huit gènes. Un semencier, seul, ne peut développer tous les gènes. L'enjeu pour Vilmorin est, certes, de développer quelques traits, et nous ne communiquons pas d'échéance à ce sujet, mais c'est aussi de sécuriser notre accès aux traits des autres fournisseurs. Aujourd'hui, les OGM ne concernent que quelques espèces : le maïs, le soja ou le coton. Nous pensons qu'il y aura des possibilités dans le blé, d'où notre accord récent avec Arcadia Biosciences qui nous donne accès à un gène destiné à réduire l'utilisation d'azote. Les enjeux sont importants, puisque le blé est l'espèce la plus cultivée dans le monde (224 millions d'hectares), consommant 20 % de l'apport total de cet intrant dans l'agriculture.
NOTRE CONSEIL
Acheter sur repli, autour de 78 euros, avec un objectif de cours de 90 euros à dix-huit mois (code : RIN, Comp. B, SRD).
Acheter sur repli, autour de 78 euros, avec un objectif de cours de 90 euros à dix-huit mois (code : RIN, Comp. B, SRD).
PROPOS RECUEILLIS PAR CATHERINE REKIK
