Les défis d'Alternext pour relancer son attrait
Des promesses non tenues
Que reste-t-il de l'attrait d'Alternext ? Avec seulement 123 sociétés dans son giron, dont 114 à Paris, on est loin de l'objectif initial d'une centaine d'introductions par an, à l'image de l'AIM de Londres. Créé en 1995, le marché britannique dédié aux petites et moyennes capitalisations assure aujourd'hui la cotation de plus de 1.000 valeurs de différentes nationalités, alors que l'attrait d'Alternext à l'international est resté limité. Il y a eu quinze introductions de groupes étrangers, dont le chinois China Corn Oil, qui, après un an et demi de cotation, a opéré le mois dernier son retrait, déçu dans ses attentes.
Autre regret, Alternext n'a pas joué son rôle d'accès à Eurolist. Seules trois sociétés ont fait leur passage sur un marché réglementé. Enfin, les performances boursières ne sont pas dignes de sociétés présentées comme innovantes et en pleine phase de croissance. Fin octobre, 20 % d'entre elles cotaient au-dessus de leur prix d'introduction.
A l'origine de ce bilan décevant, évidemment, la crise économique et boursière. Mais pas seulement. Alternext a été victime de faiblesses inhérentes à son fonctionnement.
Les principaux reproches
Les critiques sont aujourd'hui les mêmes que celles qui ont précédé sa création. Premier reproche, sa faible liquidité. Seulement un tiers des sociétés ont un flottant supérieur à 40 % et le volume d'échanges quotidien est trop faible. La plus importante capitalisation Poweo compte moins de 130.000 euros de titres échangés par jour. Le défaut d'information de la part des entreprises est aussi pointé du doigt. Au final, moins de 40 % des valeurs sont suivies par au moins un analyste. Autre critique, le manque de diversité sectorielle. Les métiers à fort potentiel de croissance sont sous-représentés. La part des sociétés spécialisées dans l'énergie durable, l'environnement ou les biotechs n'excède pas 20 %. Enfin, l'assouplissement des règles en matière d'offre publique peut léser les petits porteurs. Un actionnaire qui franchit le seuil de 33 % du capital d'une société cotée sur Alternext n'est pas obligé de lancer une OPA sur le restant des titres en circulation. Il se doit uniquement de déposer une garantie de cours en cas de détention de plus de la moitié du capital.
Vers un regain de dynamisme
Avec une longueur de retard sur les places américaines et asiatiques, les introductions en Bourse reprennent en Europe. Alternext devrait profiter progressivement de ce retour encourageant des investisseurs. D'autant qu'il devrait gagner en attractivité grâce à une vaste réforme dont la mise en place est prévue dans les deux ans. Objectif ? Porter le nombre de sociétés cotées à 600 d'ici à 2012. Au-delà de l'autorisation des transferts d'Eurolist B et C vers Alternext, qui est réglementée depuis cet automne, les mesures portent sur la réduction de 5 millions à 2,5 millions d'euros du seuil minimal de placement privé préalable à toute introduction. La CDC pourrait aussi investir 100 millions dans les PME cotées, et l'effort consenti par le FSI s'élèverait à 300 millions. Pour améliorer la qualité de l'information, il est proposé l'instauration d'un observatoire sur la santé financière des sociétés ou encore la création d'indices Alternext axés sur les possibles thèmes de la croissance ou de l'innovation.
Une réforme perfectible
Les mesures contenues dans la réforme s'adressent surtout aux émetteurs et aux investisseurs institutionnels. Les propositions concernant les intérêts des petits porteurs sont encore au stade de la réflexion. Euronext travaille à l'harmonisation des règles d'offre publique. Le seuil de détention au capital d'une société pour déposer une offre de retrait pourrait être abaissé de 95 % à 90 %. Des rumeurs parlent aussi de la création éventuelle de compartiments au sein d'Alternext pour différencier les valeurs selon leur niveau de liquidité. En revanche, il n'y a pas de nouvelles incitations fiscales en perspective. Il était question de réduire de cinq à deux ans la durée de détention des titres pour pouvoir bénéficier d'une réduction d'impôt de 25 % du montant investi. Mais cette proposition n'a pas été retenue par Bercy.
Que reste-t-il de l'attrait d'Alternext ? Avec seulement 123 sociétés dans son giron, dont 114 à Paris, on est loin de l'objectif initial d'une centaine d'introductions par an, à l'image de l'AIM de Londres. Créé en 1995, le marché britannique dédié aux petites et moyennes capitalisations assure aujourd'hui la cotation de plus de 1.000 valeurs de différentes nationalités, alors que l'attrait d'Alternext à l'international est resté limité. Il y a eu quinze introductions de groupes étrangers, dont le chinois China Corn Oil, qui, après un an et demi de cotation, a opéré le mois dernier son retrait, déçu dans ses attentes.
Autre regret, Alternext n'a pas joué son rôle d'accès à Eurolist. Seules trois sociétés ont fait leur passage sur un marché réglementé. Enfin, les performances boursières ne sont pas dignes de sociétés présentées comme innovantes et en pleine phase de croissance. Fin octobre, 20 % d'entre elles cotaient au-dessus de leur prix d'introduction.
A l'origine de ce bilan décevant, évidemment, la crise économique et boursière. Mais pas seulement. Alternext a été victime de faiblesses inhérentes à son fonctionnement.
Les principaux reproches
Les critiques sont aujourd'hui les mêmes que celles qui ont précédé sa création. Premier reproche, sa faible liquidité. Seulement un tiers des sociétés ont un flottant supérieur à 40 % et le volume d'échanges quotidien est trop faible. La plus importante capitalisation Poweo compte moins de 130.000 euros de titres échangés par jour. Le défaut d'information de la part des entreprises est aussi pointé du doigt. Au final, moins de 40 % des valeurs sont suivies par au moins un analyste. Autre critique, le manque de diversité sectorielle. Les métiers à fort potentiel de croissance sont sous-représentés. La part des sociétés spécialisées dans l'énergie durable, l'environnement ou les biotechs n'excède pas 20 %. Enfin, l'assouplissement des règles en matière d'offre publique peut léser les petits porteurs. Un actionnaire qui franchit le seuil de 33 % du capital d'une société cotée sur Alternext n'est pas obligé de lancer une OPA sur le restant des titres en circulation. Il se doit uniquement de déposer une garantie de cours en cas de détention de plus de la moitié du capital.
Vers un regain de dynamisme
Avec une longueur de retard sur les places américaines et asiatiques, les introductions en Bourse reprennent en Europe. Alternext devrait profiter progressivement de ce retour encourageant des investisseurs. D'autant qu'il devrait gagner en attractivité grâce à une vaste réforme dont la mise en place est prévue dans les deux ans. Objectif ? Porter le nombre de sociétés cotées à 600 d'ici à 2012. Au-delà de l'autorisation des transferts d'Eurolist B et C vers Alternext, qui est réglementée depuis cet automne, les mesures portent sur la réduction de 5 millions à 2,5 millions d'euros du seuil minimal de placement privé préalable à toute introduction. La CDC pourrait aussi investir 100 millions dans les PME cotées, et l'effort consenti par le FSI s'élèverait à 300 millions. Pour améliorer la qualité de l'information, il est proposé l'instauration d'un observatoire sur la santé financière des sociétés ou encore la création d'indices Alternext axés sur les possibles thèmes de la croissance ou de l'innovation.
Une réforme perfectible
Les mesures contenues dans la réforme s'adressent surtout aux émetteurs et aux investisseurs institutionnels. Les propositions concernant les intérêts des petits porteurs sont encore au stade de la réflexion. Euronext travaille à l'harmonisation des règles d'offre publique. Le seuil de détention au capital d'une société pour déposer une offre de retrait pourrait être abaissé de 95 % à 90 %. Des rumeurs parlent aussi de la création éventuelle de compartiments au sein d'Alternext pour différencier les valeurs selon leur niveau de liquidité. En revanche, il n'y a pas de nouvelles incitations fiscales en perspective. Il était question de réduire de cinq à deux ans la durée de détention des titres pour pouvoir bénéficier d'une réduction d'impôt de 25 % du montant investi. Mais cette proposition n'a pas été retenue par Bercy.
DOSSIER RÉALISÉ PAR CHRISTELLE DONGER ET LA RÉDACTION
