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Reprise en trompe-l'oeil pour l'automobile, dont le rattrapage boursier dépend désormais du retour aux profits

21/11/2009 00:00 - JDF

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Après avoir vécu une première moitié d'année extrêmement difficile (la production et les ventes ayant atteint un point bas au cours du premier trimestre), l'automobile montre des signes d'amélioration depuis l'été.
En France, et plus globalement en Europe de l'Ouest, les ventes de voitures neuves ont rebondi sous l'effet des primes à la casse et autres bonus écologiques : les immatriculations en Europe ont ainsi progressé de 11,2 % en octobre et la tendance doit perdurer sur les deux derniers mois de l'année.
Mais attention, le secteur n'est pas pour autant sorti d'affaire, même si le niveau de production est de nouveau en phase avec les ventes (conséquence des déstockages massifs sur la fin 2008 et le début d'année). L'effet dopant des primes à la casse va progressivement disparaître l'an prochain, et son extinction fait craindre une rechute des marchés automobiles.
En outre, l'embellie sur les ventes doit être relativisée, car les récents chiffres publiés sont calculés en partant d'une base de comparaison extrêmement favorable dans la mesure où l'effondrement des marchés automobiles s'était accéléré à compter de l'automne 2008. C'est donc une reprise en « trompe-l'oeil » à laquelle on assiste actuellement. D'ailleurs, constructeurs et équipementiers s'accordent à dire que la production en Europe de l'Ouest devrait encore diminuer sur 2010, même si la baisse attendue ne dépassera pas 10 %.
Dans ce contexte, après avoir affiché des pertes records sur les six premiers mois de l'année, les acteurs de l'industrie espèrent un redressement progressif de leurs résultats.
Si la priorité de tous reste de générer un free cash flow positif, certains, comme PSA Peugeot Citroën, visent un retour à l'équilibre opérationnel dès la fin du semestre en cours.
Ce retour à meilleure fortune est aussi possible grâce à l'important travail de réduction des coûts et de réorganisation accompli au plus fort de la crise. De ce fait, des groupes comme PSA, Renault ou Valeo tiennent un discours plus optimiste, et bénéficieront d'un effet de levier sur les résultats dans l'hypothèse où la reprise des volumes se poursuit.
Mais la crise a été l'occasion pour beaucoup de se remettre en question. Dans l'automobile, le nerf de la guerre reste le produit. De ce point de vue, la conjoncture a obligé les constructeurs à accélérer sur le terrain de la voiture propre, avec la commercialisation des premiers véhicules électriques dès 2010. Mais, là encore, il faut savoir raison garder car la montée en puissance de la voiture à zéro émission - réservée pour l'essentiel à un usage urbain - prendra du temps et elle pose de multiples problèmes (infrastructures, autonomie des batteries, etc.). Selon les experts, 5 % à peine du parc mondial sera équipé à l'horizon 2020.
Enfin, la crise a été l'occasion de rebattre les cartes dans le secteur et de relancer la course aux alliances, à l'image des rachats de Chrysler par Fiat ou d'Encom Technologies par Faurecia.
En Bourse, les valeurs automobiles, massacrées en 2008, ont fortement rebondi. La poursuite de la hausse dépend à présent du rythme auquel se fera le retour aux bénéfices.
Jérôme Marmet