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Comment apprécier les performances d'ADP sur le troisième trimestre 2009 ? Le groupe résiste bien dans un environnement économique difficile. Malgré un trafic en baisse de 5,4 %sur les neuf premiers mois de l'année, notre chiffre d'affaires a augmenté de 4,8 %. Notre coeur de métier a bénéficié de l'impact positif de nouveaux services comme l'accroissement du nombre de postes de stationnement avions au contact de nos aérogares ou l'assistance aux personnes handicapées ou à mobilité réduite, des ouvertures d'infrastructures et enfin l'évolution tarifaire. Les revenus des commerces et services ont légèrement progressé, grâce notamment à l'augmentation du chiffre d'affaires par passager dans les boutiques en zone réservée. Notre division immobilière progresse aussi en raison de nouvelles locations et de l'indexation des contrats. Enfin, les autres activités à l'international et dans les télécoms poursuivent leur essor (+ 19,3 %), la croissance ayant été particulièrement forte au premier semestre. Tous ces éléments illustrent la bonne tenue de nos activités.
Vos prévisions annuelles ne sont-elles pas à présent modestes si l'on tient compte de l'embellie des derniers mois ? Il est encore tôt pour parler d'embellie. Certes, sur le seul troisième trimestre, le trafic se redresse, mais il reste en baisse, à - 3,5 %, alors que sur les neuf premiers mois, il recule de 5,4 %. Pour autant, nous maintenons notre hypothèse de baisse du trafic comprise entre - 4,5 % et - 6,5 % sur 2009. Quant aux prévisions de chiffre d'affaires et d'excédent brut d'exploitation, elles sont également confirmées : légère croissance pour le chiffre d'affaires et excédent brut d'exploitation au même niveau que l'an dernier. Si ADP parvient à maintenir ses objectifs, c'est grâce à la poursuite de ses efforts et au plan d'économies engagé.
Le plus difficile est-il passé ? Les derniers chiffres de trafic publiés par les grandes compagnies aériennes laissent à penser que le pire est derrière nous. Pour autant, nous nous attendons à une reprise progressive et en douceur. Et pour 2010, nous prévoyons une légère croissance du trafic dans les aéroports parisiens. Par ailleurs, je pense que cette crise aura des conséquences durables sur le modèle de développement des compagnies aériennes. Les alliances vont s'intensifier tandis que les vols internationaux se concentreront sur un nombre restreint de grandes plates-formes de correspondance comme Paris-Charles-de-Gaulle.
La crise a-t-elle changé vos rapports avec les compagnies aériennes ? Tous les acteurs du transport aérien ont subi de plein fouet la crise. Je crois que cette épreuve a plutôt rapproché les aéroports de leurs clients en fonctionnant comme un révélateur et en montrant que les compagnies et les aéroports avaient besoin les uns des autres pour se développer. Durant cette période, ADP a fait des efforts pour modérer ses tarifs et renforcer les mesures d'économies au niveau du groupe, avec une réduction globale de charges de 42 millions d'euros pour 2009. Tous les investissements ont été revus à la loupe afin de ne conserver que ceux qui sont stratégiques, voire vitaux pour les compagnies aériennes.
En 2011, le contrat de régulation économique avec l'Etat sera renouvelé. Seriez-vous prêt à étudier une stabilité des redevances lorsque la conjoncture est mauvaise ? Le contrat actuel permet déjà de moduler la hausse des redevances en fonction de la conjoncture. Pour preuve, cette année, les tarifs n'ont crû que de 5,5 % alors que nous pouvions les augmenter de plus de 8 %. Le premier contrat de régulation a été conçu dans un contexte particulier. Il s'agissait de financer un programme d'investissements très élevé de 2,8 milliards d'euros, et il y avait un effet rattrapage après des années de faible augmentation des redevances. Les investissements du second contrat de régulation économique devraient être moins importants et axés sur la qualité des services. Il faudra néanmoins financer la construction du satellite 4, la rénovation du terminal 2B et la liaison entre les terminaux 2A et 2C de Paris-Charles-de-Gaulle. Notre objectif est de parvenir à un accord avec toutes les parties prenantes sur un système de régulation équilibré qui autorise des investissements dans les aéroports parisiens et permette à la fois un juste retour sur investissement.
N'hypothéquez-vous pas la croissance future en réduisant les investissements ? Nous avons réduit de 100 millions d'euros nos investissements sur 2009 pour nous adapter à la conjoncture. Il s'agit d'investissements courants, non prioritaires, qui sont décalés ou supprimés. Par exemple, la refonte de l'éclairage et de la signalisation des accès routiers. Tous nos investissements stratégiques ont été maintenus. Sur la période 2009-2013, nous devrions investir 2,5 milliards d'euros pour à la fois optimiser le fonctionnement du hub, toujours mieux satisfaire les compagnies aériennes et améliorer la qualité de l'accueil des passagers. J'entends maintenir un outil de production qui nous permettra de rebondir une fois la crise passée.
Pourquoi avoir scellé une alliance avec Schiphol Group, qui gère l'aéroport d'Amsterdam ? Nous avons le même premier client, Air France-KLM, et il apparaît finalement assez logique d'accompagner son développement. Nous avons aussi identifié neuf grands domaines de coopération. Par exemple, nous échangeons nos meilleures pratiques commerciales dans la renégociation des concessions et l'organisation de la surveillance des parkings. Enfin, nous visons, côté ADP, des synergies à hauteur de 69 millions d'euros en année pleine à partir de 2013.
En quoi le modèle économique d'ADP est-il plus résistant que celui d'autres aéroports ? Notre modèle économique fait preuve de résilience. Le trafic résiste mieux que celui de nos principaux concurrents. A Paris, le trafic « point à point » est extrêmement solide car la France reste la première destination touristique mondiale. Nous bénéficions aussi du hub
(plate-forme de correspondance) le plus puissant en Europe. S'ajoutent à cela des activités diversifiées, nos efforts de productivité et un plan d'économies adapté. Tout ceci permet au groupe de bien résister.
Les commerces et l'immobilier sont deux axes de développement. Quels en sont les grands chantiers ? Le travail accompli dans les commerces depuis plusieurs années porte ses fruits. La densification des boutiques et la refonte de notre offre expliquent l'augmentation de 8,4 % du chiffre d'affaires par passager sur les neuf premiers mois de l'année. La gamme de produits a été élargie, avec une nouvelle offre mode et plus de gastronomie. Enfin, nous avons mis en place une stratégie marketing plus agressive et mieux ciblée. Nous allons aussi renforcer notre développement dans l'immobilier tant aéroportuaire que non aéroportuaire. En 2009, par exemple, nous avons poursuivi l'agrandissement du hub de Fedex à Paris-Charles-de-Gaulle, et nous projetons de mettre en oeuvre prochainement une coentreprise avec une filiale de General Electric pour gérer les immeubles de bureaux Continental Square de la plate-forme de Paris-Charles-de-Gaulle. A Paris-Orly, nous avons lancé la commercialisation du projet Coeur d'Orly et commencerons les travaux dès la signature du premier client.
NOTRE CONSEILViser 70 euros. Le titre jouit d'un profil défensif et les fondamentaux restent solides (code : ADP, Comp. A, SRD).