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L'économie britannique est toujours extrêmement fragile. C'est le message envoyé par la Banque centrale d'Angleterre (BoE) lors de la réunion de son comité de politique monétaire jeudi 5 novembre. Sans surprise, l'institution a maintenu son principal taux directeur à 0,5 %. Elle a aussi décidé d'augmenter son énorme programme de rachat d'actifs (dit de
quantitative easing) de 25 milliards de livres, ce qui le porte à 200 milliards de livres au total. Une rallonge plutôt moins importante que celle prévue par beaucoup d'économistes.
Une politique décevante Car l'économie britannique est au plus mal. Alors que la France et l'Allemagne sont sorties de la récession dès le deuxième trimestre, le PIB britannique a encore reculé de 0,4 % au troisième, soit une chute inattendue de 5,2 % en rythme annuel.
« A part d'avoir soutenu le prix des actifs, la politique de quantitative easing
n'a pas servi à grand chose », explique Nathalie Dezeure, économiste chez Natixis. Les rachats d'actifs ont beau avoir été équivalents à ceux mis en place aux Etats-Unis, l'offre de crédit n'augmente pas. L'investissement des entreprises est au plus bas. Et les ménages sont endettés à près de 150 %. Autant d'éléments qui laissent croire que la BoE, contrairement à d'autres banques dont la BCE, n'envisage pas de revenir rapidement sur sa politique de soutien exceptionnel.
« C'est un geste prudent, mais cela ne veut pas dire que ce soit le dernier », prévient Caroline Newhouse-Cohen, de BNP Paribas. Certes, le comité de politique monétaire relève qu'
« un rebond de l'activité économique pourrait bientôt être évident ». Le secteur manufacturier et celui des services sont de nouveau en croissance, d'après les dernières enquêtes. Et les ventes de détail se sont stabilisées en septembre, ce qui a un peu rassuré sur l'évolution de la consommation des ménages. Mais ces indicateurs ne suffisent pas à balayer les inquiétudes.