Alcatel-Lucent, massacré en Bourse, intéressera les spéculateurs
Ben Verwaayen avait plaidé pour une «normalisation» de l'entreprise Alcatel-Lucent. Comprendre : le groupe franco-américain pourrait devenir bénéficiaire, et cesser les restructurations. Dans la communauté financière, certains s'étaient pris à rêver. La publication des résultats du troisième trimestre a malheureusement rappelé une douloureuse réalité : pour le douzième trimestre d'affilée, Alcatel-Lucent a enregistré des pertes. Et les investisseurs ont manifesté leur déception: le titre chutait de plus de 10%, ce vendredi, après cette publication.
Le chiffre d'affaires a fléchi de 9% par rapport à l'an dernier pour s'établir à 3,7 milliards d'euros - en baisse de 6% par rapport au deuxième trimestre. C'est moins bien que ce que prévoyaient les analystes. Mais cela reste comparable aux performances des concurrents Ericsson et Nokia Siemens, qui ont également déçu. Le segment Opérateurs (70% des ventes) a reculé de 15%. «Les conditions de marché restent difficiles, constate le directeur général, et les opérateurs sont de plus en plus sélectifs dans leurs investissements.» Les revenus du segment Entreprise continuent également de baisser. D'un point de vue géographique, seules l'Amérique du Nord et la Chine affichent une légère croissance des revenus.
La faiblesse des volumes a pesé sur les comptes. L'équipementier télécoms fait état d'une perte d'exploitation de 76 millions d'euros, et d'une perte nette de 182 millions d'euros. Malgré cela, le groupe franco-américain maintient ses perspectives. La tendance de l'activité au quatrième trimestre ressemblerait à celle du trimestre précédent, ont laissé entendre les dirigeants lors de la présentation des résultats. «Sur l'année, le marché des équipements télécoms devrait décroître de 8 à 12%», a rappelé le directeur général, ajoutant cependant que la croissance serait de retour en 2010, «comprise entre 0 et 5%».
Cessions d'actifs non stratégiques en vue
Alcatel-Lucent veut toutefois profiter de cette maigre reprise d'activité pour enfin enregistrer des bénéfices - le retour à l'équilibre du résultat net est prévu pour le second semestre 2010. La finalisation du programme de restructuration du groupe - achevé à 80%, et qui s'élève à 750 millions d'euros - aidera à la réalisation de cet objectif. «La capacité à contrôler les coûts sera un élément déterminant pour le groupe, compte tenu des ternes perspectives d'activité», ont confirmé les analystes de la banque Santander, cités par Reuters. Aucun programme supplémentaire de restructuration n'est prévu pour l'instant.
Les dirigeants se sont félicités de la situation de trésorerie positive du groupe (592 millions au 30 septembre). Une trésorerie qui pourrait être encore alimentée d'ici la fin de l'année par de nouvelles cessions d'actifs non stratégiques. «Des discussions sont en cours», a confirmé Paul Tufano, le directeur financier. Alcatel-Lucent pourrait engranger quelques centaines de millions d'euros supplémentaires, après la cession au printemps de la participation de 1,4 milliard d'euros dans Thales.
NOTRE CONSEIL :
La chute du titre est violente. Nous réduisons notre objectif de cours à 3,30 euros, mais restons acheteurs à titre spéculatif. Le groupe est capable de tenir ses promesses. Et les éventuelles cessions d'actifs pourraient soutenir le titre dans les prochaines semaines.
> Alcatel-Lucent creuse ses pertes
