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Le chômage devrait continuer à augmenter aux Etats-Unis et en Europe

22/08/2009 00:00 - JDF

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L'avenir reste sombre pour les salariés américains et européens, même si les bonnes nouvelles semblent s'accumuler sur le front de l'emploi. Un vent d'optimisme a commencé à souffler il y a deux semaines lorsque les autorités américaines ont annoncé un taux de chômage à 9,4 % en juillet, contre 9,5 % un mois plus tôt. En France, les destructions d'emplois ont été deux fois moins nombreuses sur les trois derniers mois que lors du premier trimestre, selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Si la récession a été beaucoup plus profonde outre-Rhin, l'emploi a mieux résisté que dans l'Hexagone. Le taux de chômage s'est même stabilisé à 8,3 % sur les deux derniers mois, selon l'Office fédéral du travail. L'Espagne, qui connaît la situation de l'emploi la plus catastrophique en Europe, a aussi vu la progression de son taux de chômage ralentir. Il est passé de 17,4 % au premier trimestre à « seulement » 17,9 % au deuxième. Ces signes d'amélioration sont trompeurs. Aux Etats-Unis, la baisse du chômage semble s'expliquer par un effet statistique : les « gens ne s'inscrivent plus au chômage car ils sont désespérés », explique Inna Mufteeva, économiste chez Natixis. La progression du nombre de demandeurs d'emploi aux Etats-Unis ne devrait que ralentir. La Fed s'attend à ce que le taux de chômage dépasse 10 % l'année prochaine. Des statistiques trompeuses En France, les destructions d'emplois ont été d'autant moins importantes que le secteur de l'intérim - qui expliquait pour beaucoup la hausse du taux de chômage - semble avoir touché son points bas. Mais, selon une étude de l'organisme public Acoss, les intentions d'embauches, hors intérim, n'ont augmenté que de 1 % au deuxième trimestre par rapport au précédent, tirées par les CDD de moins d'un mois. Quant à la stabilisation du chômage allemand, elle s'explique surtout par le recours au chômage partiel. Le gouvernement s'est engagé à indemniser les salariés qui ne travaillaient pas à plein temps jusqu'à la fin 2010. Selon une étude de l'Institut allemand IAB, ce système devrait encore contenir le chômage à l'avenir. Mais d'autres économistes craignent qu'il soit insuffisant. « En 2010, la croissance sera très faible et les entreprises ne pourront pas garder leurs salariés dans ce cadre », explique Catherine Stephan, chez BNP Paribas. Elle s'attend à un taux de chômage de 10 % à la fin de 2009. D'autant que certaines mesures de soutien devraient cesser à la fin de l'année, comme la prime à la casse. Dernière fausse bonne nouvelle : le ralentissement de la hausse du chômage espagnol serait dû aux mesures de soutien gouvernementales, selon les économistes. Mais la plupart d'entre eux estiment que le chômage pourrait atteindre 20 % dans les mois à venir.
SOLENN POULLENNEC