Archives Journal des Finances

Une nouvelle ère pour le monde bancaire

14/08/2009 00:00 - JDF

  Texte plus grand Texte plus petit Séparateur
Pour les banques, il y aura toujours un « avant » et un « après » Lehman Brothers. La chute de ce groupe - auparavant l'une des cinq banques d'investissement emblématiques de Wall Street, avec Goldman Sachs, Merrill Lynch, Bear Stearns et Morgan Stanley - a jeté le discrédit sur l'ensemble du secteur. Les investisseurs ont alors délaissé les titres des financières, et ce pendant de longs mois. Face à la vague de panique qui s'était aussi emparée des clients bancaires, les Etats se sont empressés d'assurer le secteur de son soutien. Ce que l'Etat américain avait justement refusé à Lehman Brothers. Après avoir sauvé les spécialistes du refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae - qui ont publié de nouvelles pertes vendredi 7 août - et surtout l'assureur AIG (qui totalise 100 milliards de dollars de pertes à ce jour), la coupe était pleine pour le gouvernement Bush.◘ Soutien des Etats et fusion entre concurrents L'ampleur des conséquences de la disparition de Lehman Brothers, empoisonné par ses produits à base de prêts consentis à des emprunteurs peu solvables vendus partout dans le monde, était difficilement prévisible. Cette faillite a évidemment fait bien plus de tort que celle des 72 banques régionales américaines qui ont mis la clé sous la porte depuis le début de l'année. Malheureusement pour elles, ce sont surtout les grands acteurs qui ont bénéficié des centaines de milliards de dollars d'aide accordées par l'administration Obama. Certaines banques ont, certes, déjà remboursé les fonds reçus, mais elles font l'objet d'une grande vigilance des pouvoirs publics, parfois ressentie comme pesante. Dans de nombreux pays, le paysage bancaire a profondément changé au cours de ces onze derniers mois. Aux Etats-Unis, après Bear Stearns, Merrill Lynch et Wachovia ont été contraints à la fusion avec des concurrents en meilleure santé. De même que des banques islandaises et britanniques et, bien entendu, le belge Fortis, désormais aux mains de BNP Paribas. Les Etats européens soutiennent tous, chacun à leur manière, leurs banques nationales, exigeant en contrepartie un regard sur la politique de rémunération, mais aussi sur l'activité de la banque de détail ou encore la solvabilité. Les banques elles-mêmes ont pris des mesures pour s'adapter au « nouvel environnement », dans lequel la banque de détail est de nouveau reconnue comme un facteur stabilisateur, quoique moins rémunérateur que la banque d'investissement. En 2008, le bénéfice réalisé par les 1.000 plus grands établissements au monde avait chuté de 85,3 %. Il ne devrait pas retrouver le niveau de 2007 de sitôt.
A.H.