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Le scénario d'un CAC 40 à 4.000 points est crédible à moyen terme

14/08/2009 00:00 - JDF

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Les actions sont au plus haut de l'année. A court terme, le CAC 40 semble s'être installé au-dessus de 3.400 points. Cette remontée a été rendue possible par des résultats meilleurs que prévu et par la politique volontariste des banques centrales. Des taux d'intérêt faibles sont en effet historiquement favorables aux marchés actions. En l'absence d'inflation, les loyers de l'argent devraient rester bas. Les autres placements rapportent peu. Pour le monétaire, c'est même pire dans la mesure où les frais d'entrée sur les fonds peuvent conduire à perdre de l'argent. Des valorisations toujours attrayantes A long terme, la hausse des actions a toutes les chances de se poursuivre. Après tout, sur trois ans, le CAC 40 perd encore 29 %, et le Dow Jones 16 %. Il suffirait que les entreprises du CAC 40 dégagent en 2010 autant de profits qu'en 2004 pour que le PER de l'indice soit de 12,6 fois. De plus, les entreprises du CAC 40 ont montré leur détermination à ne pas sacrifier les dividendes. Sur la base des coupons versés au titre de 2008, le rendement est ressorti à 3,8 %. Dernier élément, la prime de risque demeure élevée, à 6,6 %. Le risque que l'on prend en achetant des actions est bien rémunéré. Effets psychologiques Au-delà des purs raisonnements sur les fondamentaux, il nous paraît nécessaire d'examiner la psychologie des investisseurs. Rares sont ceux qui ont acheté au plus bas. Quelques-uns, particuliers ou institutionnels, ont pris le train en marche vers 3.000 points. Si l'on se fie aux volumes, de nombreux investisseurs sont restés méfiants. De nombreux institutionnels se sont débarrassés de leur couverture sur le marché actions mais ils n'ont pas vraiment joué le rebond. Après une hausse de 40 % par rapport au plus bas annuel, une correction peut toujours avoir lieu. Passé cette phase, les investisseurs pourraient être tentés de rallier le courant optimiste pour viser un retour sur 4.000 points. Ce mouvement pourrait se produire en novembre-décembre. Les fins d'année sont propices au déclenchement d'un rally pour le CAC 40. Aux Etats-Unis, le dernier trimestre est traditionnellement favorable. Ainsi, sur les dix trimestres les plus rentables depuis 1950, quatre ont porté sur la période allant d'octobre à décembre, selon le Stock Trader's Almanac. Aller chercher de la performance dans les émergents Au-delà des calculs savants, il faut savoir mettre du piment dans son portefeuille. Il faut privilégier certaines thématiques comme l'énergie verte (voir page 6), mais aussi les pays émergents. En effet, il est évident que la croissance de la Chine et de l'Inde restera élevée. Quand l'Europe et les Etats-Unis sont en récession, ces pays n'enregistrent qu'un ralentissement de la croissance. De plus, l'Inde et la Chine bénéficient d'une force démographique inégalée. Leur demande intérieure progresse à un rythme soutenu. Les multinationales indiennes et chinoises parviennent aussi à conquérir de plus en plus de parts de marché en Occident. Elles sont souvent remarquablement bien gérées, par des cadres ayant fait leurs classes dans les meilleures universités américaines ou européennes. Depuis le début de l'année, les meilleurs fonds sur les actions chinoises ont doublé de valeur. Ceux indexés sur les titres indiens ont pris plus de 85 %. Ces pays sont considérés à juste titre comme plus risqués. Mais le jeu peut en valoir la chandelle.
OLIVIER AUBERGER