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C'est fait ! Depuis samedi 1er août, le Livret A, comme le Livret de développement durable, ne rapporte plus que 1,25 %. Ce n'est pas un véritable choc, car la nouvelle avait déjà été annoncée il y a quelques semaines. Dans un communiqué du 16 juillet, le nouveau taux était révélé par Christine Lagarde. Quels enseignements tirer de cette évolution ?
1. Les règles sont faites pour être transgressées. Depuis que la rémunération du Livret A n'est plus censée être une décision politique mais le fruit d'un calcul mathématique, la seule règle appliquée a été celle de la dérogation. Pour ne pas avoir l'air de miser sur l'arbitraire, la règle instituée en juillet 2004 a d'abord été modifiée plusieurs fois. Ainsi, depuis le 1er février 2009, la rémunération du Livret A est égale à la moyenne de l'inflation, de l'Euribor trois mois et de l'Eonia. Dans les conditions actuelles, l'application de cette formule aurait conduit à baisser le taux du livret à 0,25 % !
2. Il faut rapporter le rendement du livret à l'inflation. Autrement dit, raisonner en rendement réel. Or l'inflation sur un an glissant à fin juin 2009 est négative : - 0,5 %. En réel, le livret rapporte donc 1,75 %, ce qui, somme toute, n'est pas si mal payé pour un placement parfaitement liquide et sans risque.
3. Il faut trouver une alternative pour ses placements long terme. Si un faible rendement est satisfaisant pour conserver quelques liquidités, il en va tout autrement de l'épargne longue, et notamment de celle consacrée à la préparation de la retraite. Car, si le Livret A rapporte peu, il en est de même pour les Sicav monétaires (0,84 % brut sur an glissant, selon Morningstar). Il est bien loin le temps où, au début des années 90, les monétaires rapportaient 10 %. A ce moment, il était effectivement difficile de se décider à arbitrer pour des placements à risque. Aujourd'hui, il ne faut plus hésiter. Et, dans les conditions actuelles, il serait dommage de renoncer au gros potentiel de plus-values des actions.