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La grippe A pourrait faire chuter le PIB mondial

04/07/2009 00:00 - JDF

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La grippe A continue de se propager, y compris là où on ne l'attendait pas. Alors que les experts avaient prédit une contamination des pays du Nord à l'hiver seulement, plusieurs écoles ont dû être fermés en France et la Grande-Bretagne fait face à une explosion du nombre de malades. Plus de 7.500 Britanniques sont touchés et le gouvernement vient d'annoncer qu'il pourrait y avoir plus de 100.000 nouveaux cas par jour d'ici à la fin août. A défaut de pouvoir expliquer pourquoi la maladie se propage beaucoup plus vite au Royaume-Uni que sur le continent, les autorités soutiennent que le virus est plutôt bénin. Il n'a fait que trois morts selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les autorités n'excluent pourtant pas une aggravation de la situation si le virus venait à muter et s'il devenait résistant aux traitements. Cette semaine, les autorités canadiennes se sont inquiétées de cas graves, qui pourraient s'expliquer par une transformation du H1N1. Ces complications et la propagation inattendue du virus dans l'hémisphère Nord empêchent d'écarter l'hypothèse d'une pandémie mortelle, qui aurait des conséquences dramatiques sur l'économie mondiale. Selon le cabinet d'études Oxford Economics, l'épidémie pourrait amputer le PIB mondial de 3,5 % en 2009. Sachant que l'économie tourne déjà au ralenti, le bilan économique de la grippe pourrait être encore plus lourd. « Les entreprises qui sont déjà fragiles depuis la récession pourraient succomber à cause de nouveaux chocs », écrivent les membres du cabinet Oxford Economics dans leur étude. « La maladie pourrait faire tomber le monde dans la déflation », affirme Raymond Van der Putten, économiste chez BNP Paribas. Mais il ajoute, prudent, qu'« il faudrait que la maladie s'aggrave énormément ». Pour le moment, les secteurs les plus affectés sont ceux des transports et du tourisme. L'Organisation mondiale du tourisme a prévu que son activité pourrait reculer de 3 % en 2009, notamment à cause de la crise porcine. Le Mexique, qui n'avait pas hésité à fermer ses écoles à la fin avril, a vu son activité touristique s'effondrer. Les pays du Sud - surtout les plus pauvres - qui entrent dans l'hiver austral sont à surveiller. Selon l'OMS, ils pourraient être les premières victimes de la pandémie.