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Les emprunts d'Etat colossaux pourraient finir par embraser les taux longs

04/07/2009 00:00 - JDF

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Les pays du G20 se sont tous mis d'accord : pour se sortir de la pire crise économique de l'après-guerre, il est urgent de passer par des politiques très expansionnistes. Au diable le joug de la rigueur, envolée la servitude du Pacte de stabilité ! L'heure est aux excès, à la dépense, à l'explosion des déficits et de la dette. Pour le FMI, la dette publique des dix pays les plus riches pourrait doubler entre 2007 et 2012, à 150 % du PIB. Mais les finances publiques ne souffrent pas l'impunité. Les taux longs sont depuis des mois à des niveaux historiquement bas grâce à une aversion au risque portée à son paroxysme. Mais ils ne demandent qu'à s'envoler. L'évolution de ces dernières semaines l'a montré : il suffit que les espoirs de reprise renaissent, que la confiance revienne sur les marchés d'actions, pour que les taux des emprunts d'Etat se tendent immédiatement. « Avec les anticipations de reprise, les ressources disponibles pour financer la dette publique vont se tarir au profit du financement privé », explique Matthieu Plane, spécialiste des finances publiques à l'OFCE. Déjà, la sélection s'opère entre les différents émetteurs. Les investisseurs arbitrent en faveur des pays solides dont les dettes sont les plus liquides possibles. Mais la dégradation par Standard & Poor's de grands pays comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, déjà placé sous surveillance négative, pourrait faire flamber les rendements obligataires de ces Etats aussi. « Un scénario qui n'est pas du tout inenvisageable », estime René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis. Autre risque qui pourrait provoquer l'envolée des taux longs : la hausse des taux courts, auxquels ils sont étroitement liés. Si une grande banque centrale, entrevoyant la sortie de crise ou une menace inflationniste, décidait brusquement d'augmenter son taux directeur, les rendements obligataires s'envoleraient aussitôt. Des anticipations inflationnistes auraient également pour effet d'ajouter une prime aux taux longs. Tout un ensemble de menaces pèsent aujourd'hui sur les taux des dettes publiques. Actuellement à des niveaux anormalement bas, ils doivent être surveillés de très près.