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La dégradation de la situation iranienne menace de faire flamber le pétrole

04/07/2009 00:00 - JDF

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« Les problèmes géopolitiques d'un certain nombre de pays de l'Opep, en particulier l'Irak, l'Iran, le Venezuela et le Nigeria, rendent difficile l'exercice d'estimation de la production à venir. Le niveau d'incertitude quant aux projections de ces pays est extrêmement élevé », indique l'Agence internationale de l'énergie dans son dernier rapport. De fait, les troubles qui agitent l'Iran depuis l'élection contestée du 12 juin ont de quoi susciter des inquiétudes : le pays est le troisième au monde en termes de réserves pétrolières et se place au quatrième rang mondial des exportateurs. Pourtant, les marchés sont restés complètement insensibles aux tensions à Téhéran. Il faut dire que le pétrole représente 75 % des recettes budgétaires du pays, et, si le ton monte entre l'Iran et la communauté internationale, Téhéran n'a aucun intérêt à imposer un embargo. « Par ailleurs, les stocks stratégiques des grands pays consommateurs sont très confortables, ce qui limite les inquiétudes », explique Frédéric Lasserre, à la Société Générale. Enfin, la capacité inemployée des pays de l'Opep (spare capacity) est également au plus haut depuis sept ans, compte tenu de la faible demande de ces derniers mois liée à la crise. De toute façon, les marchés pétroliers apparaissent de moins en moins sensibles aux tensions géopolitiques, auxquelles ils sont habitués dans les pays producteurs . « En quarante ans, seuls quatre ou cinq événements ont eu un réel impact sur les cours, les grands embargos de 1973, la révolution iranienne et les deux guerres du Golfe », rappelle Frédéric Lasserre. Bien sûr, si les événements en Iran prenaient une tournure plus dramatique, les marchés pourraient se mettre à anticiper des baisses de production importantes. Et ce n'est pas là le seul danger qui menace de faire à nouveau flamber le pétrole, dont le cours a déjà doublé depuis février. L'inflation anticipée à la sortie de crise risque de conduire les investisseurs à se reporter une fois de plus sur les matières premières comme classe d'actifs, comme ils l'avaient fait l'an dernier.