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Carrefour excite les investisseurs

27/06/2009 00:00 - JDF

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En cette période d'examens de fin d'année, Lars Olofsson s'apprête à passer un oral déterminant. Mardi 30 juin, le directeur général de Carrefour présentera, durant toute une journée et devant des dizaines d'analystes financiers, le détail de sa stratégie pour améliorer les performances économiques du groupe. La prestation du Suédois sera observée avec soin. Aux manettes du premier distributeur européen depuis six mois, l'ancien stratège de Nestlé confiera enfin, à cette occasion, la synthèse de sa réflexion sur le modèle économique de Carrefour et sur les améliorations à y apporter. Jusqu'à maintenant, seules les grandes lignes avaient été esquissées : priorité au marché français, investissement sur les prix et réduction des coûts. Lars Olofsson a gardé la primeur de ses annonces pour les principaux cadres dirigeants du groupe, réunis mardi 23 juin. Mais les fuites dans la presse ont révélé l'ambitieux projet du directeur général. D'après les informations du Figaro, le chiffrage global des économies pourrait dépasser 2 milliards d'euros d'ici à 2012. Un montant élevé que le groupe n'a pas confirmé. Les économies les plus importantes seraient réalisées dans le domaine logistique, où une meilleure anticipation des ventes permettrait de mieux gérer les stocks. Des « choix radicaux » seraient opérés dans les assortiments de produits afin de diminuer les références et les coûts de fonctionnement. La réorganisation des services achats serait aussi à l'ordre du jour. Les investissements dans la publicité et les promotions pourraient en outre être revus. La politique promotionnelle par à-coups, pratiquée l'an dernier, a nui à la visibilité des prix de Carrefour. Restructurations et baisses d'effectifs ne seraient, enfin, pas à exclure. Les dispositions prises - si elles sont confirmées - auraient une portée non négligeable sur les marges. Attention, toutefois, à ne pas surestimer cet impact. « Il ne s'agit pas de relever en bloc les prévisions de rentabilité sur les trois prochains exercices », relativise Nicolas Champ, analyste financier chez Oddo, qui remarque que les 2 milliards traduisent simplement la pérennisation, sur quatre ans, du programme de réduction de coûts engagé en 2009 (500 millions). L'ampleur du plan dévoilé rappelle, en outre, celui présenté par Metro. Le distributeur allemand s'est engagé à économiser 1,5 milliard d'euros d'ici à 2012, soit environ 15 % de son résultat opérationnel. La proportion est quasiment la même pour le français. La réduction des coûts est une condition nécessaire mais pas suffisante. Elle devra s'accompagner d'une hausse des ventes et de la part de marché - qui s'est toutefois redressée depuis le début de l'année. Ces éventuelles initiatives ont en tout cas séduit les investisseurs, l'action bondissant de 3,6 % dans la foulée. Le groupe Koor était-il au courant des intentions de la direction ? Toujours est-il que la holding d'investissement israélienne, actionnaire à hauteur de 0,25 % du capital, s'est dite prête, en début de semaine, à investir environ 630 millions d'euros, et à devenir le deuxième actionnaire du groupe avec près de 3 % du capital, derrière Blue Capital, qu'elle soutient. Cette déclaration paraît pour le moins curieuse, alors que les investisseurs ont généralement tendance à se déclarer après avoir réalisé leur transaction. Mais elle traduit en tout cas l'attrait de la valeur en ce moment.
NOTRE CONSEILAchat spéculatif (code : CA, Comp. A, SRD). Nous avions relevé notre objectif de cours à 40 euros début juin, misant justement sur l'effet d'aubaine des annonces stratégiques du groupe. Il pourrait encore se prolonger.
ROMAIN GUEUGNEAU