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Le groupe minier anglo-australien a été sévèrement mis à mal par le retournement de conjoncture survenu en 2008. Lourdement endetté (37,9 milliards de dollars à fin 2008) à la suite du rachat d'Alcan, Rio Tinto doit faire face à 19 milliards de dollars d'emprunts obligataires arrivant à échéance. En outre, il accuse une chute de 45 % de son bénéfice net au premier trimestre et annonce des perspectives encore incertaines. Un temps tenté par un accord avec le géant étatique chinois Chinalco, le groupe a finalement opté pour une augmentation de capital, fortement dilutive, de 15,2 milliards. Rio Tinto retrouvera ainsi une certaine flexibilité financière. Dans le même temps, il a annoncé la création d'une coentreprise dans le minerai de fer, dans la région de Pilbara, avec son compatriote BHP Billiton. Les deux protagonistes attendent de cette opération des synergies de 10 milliards de dollars et des économies d'investissements, un montant jugé assez conservateur par le marché. Organisée comme un centre de coûts, cette coentreprise maintiendra l'indépendance de l'essentiel des droits de commercialisation.
« BHP Billiton et Rio Tinto contournent ainsi les problématiques soulevées par les autorités antitrust lors du projet de rachat par BHP, abandonné en 2008 », estime Luc Pez. Mais rien n'est encore sûr. En effet, cette nouvelle entité contrôleraune part importante du marché et gérera la production future. Elle aura donc, au final, une influence sur les prix du minerai de fer. En conséquence, ce projet pourrait enfreindre les règles chinoises de protection de la concurrence. Si c'est le cas, Pékin a déjà menacé de durcir ses politiques de régulation vis-à-vis des importations étrangères. De même, il a brandi la menace d'accroître le pouvoir de négociation de ses aciéristes dans les discussions avec leurs fournisseurs de minerai de fer. Les Chinois pourraient, en plus, trouver un écho positif du côté des autorités européennes.
NOTRE CONSEILAcheter en visant 45 euros. Le titre profite pleinement des anticipations de reprise économique de la part des investisseurs (code : RTZ, valeurs étrangères).
C.F.