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A crise globale, réponse globale. Pour éviter une nouvelle débâcle économique, le président américain, Barack Obama, a annoncé cette semaine ce qu'il présente comme
« la plus grande réforme financière jamais engagée depuis la crise de 1929 ». La crise des subprimes a révélé toutes les failles du système de régulation américain. Il a beau y avoir six autorités de supervision, leurs compétences sont mal réparties. Au point que les établissements financiers qui veulent échapper à tout contrôle passent sans peine à travers les mailles du filet. Pour en finir avec cette
« culture d'irresponsabilité », Barack Obama veut donner plus de pouvoir à la Réserve fédérale, déjà responsable de la politique monétaire américaine. L'institution pourrait superviser l'ensemble des établissements dont la faillite entraînerait la déroute de tout le système économique. Alors que son action est normalement cantonnée aux banques, la Fed pourrait ainsi exiger des holdings ou des assureurs qu'ils détiennent un certain niveau de capital. Pour appuyer la Réserve fédérale dans son travail, le président américain propose la création d'un conseil de supervision des risques financiers. Sous la direction du département du Trésor, ce comité regroupera le président de la Réserve fédérale et les directeurs des autres autorités de régulation américaines. Il devrait jouer un rôle de détection des risques systémiques, c'est-à-dire des menaces qui peuvent se répercuter sur l'ensemble de l'économie du pays. Il devrait aussi coordonner les politiques de toutes les autorités de régulation. Enfin, Barack Obama appelle à la création d'une autorité de protection des consommateurs. Indépendante, cette institution devrait empêcher les opérations abusives des établissements financiers en matière de crédit immobilier ou de comptes chèques, par exemple.
Les banques sur la défensive Beaucoup saluent l'audace de cette nouvelle architecture. Jusqu'ici, les régulateurs ne cherchaient pas à prévenir les risques au niveau global. Ils demandaient à chaque banque de respecter un certain nombre de critères : les accords de Bâle.
« La régulation macroéconomique du risque systémique est une innovation considérable », analyse l'économiste Michel Aglietta. Mais certains accusent le président de n'être pas allé assez loin. Ils lui reprochent de ne supprimer qu'une seule des six autorités de régulation : the Office of Thrift Supervision, chargé de réguler les sociétés d'épargne. D'autres regrettent que le projet n'évoque pas le contrôle des agences de notation. Surtout, nombreux sont ceux qui s'inquiètent de voir la Réserve fédérale concentrer tant de pouvoirs alors que sa gestion de la crise reste critiquée.
« Peu de gens font confiance à la Fed », a fait remarquer à la presse le démocrate Chris Dodd chargé du comité des banques au Sénat. Les banques sont particulièrement inquiètes de voir la Réserve fédérale et l'autorité de protection des consommateurs s'immiscer dans leur gestion.
« Le lobby bancaire va essayer de défendre le statu quo comme il peut », prévient Michel Aglietta. Barack Obama a affirmé qu'il voulait faire adopter son projet par le Congrès avant la fin de l'année. Mais il risque fort d'être détricoté.