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Les émissions ne font pas la fortune des actionnaires

18/06/2009 17:08 - JDF

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Alors que le marché boursier a subi entre octobre 2007 et mars 2009, sa crise la plus grave depuis la plus grande dépression de 1929, les émissions d'actions nouvelles grimpent en flèche comme en 1999. EDF, Lafarge, BNP Paribas, il semble que les valeurs phares du marché parisien se soient donné le mot. L'appel à l'épargne privée est le meilleur remède trouvé par les entreprises pour lutter contre l'endettement. Au niveau mondial, les émissions ont dépassé les records du début des années 90 et de la bulle Internet début 2000. Depuis le début de l'année 2009 jusqu'au mois de mai, 526 milliards d'euros de dettes corporate ont été émis dans le monde. Le précédent record avait été atteint en 2001 : 361 milliards d'euros.


Problème, l'histoire montre que le marché a une fâcheuse tendance à baisser dans les mois qui suivent les périodes au cours desquelles les entreprises ont inondé les marchés d'actions nouvelles. L'agence américaine Marketwatch qui s'est penché sur la question rapporte deux études concomitantes de la société Trimtabs Investment Research et du cabinet Ned Davis Research. Ils arrivent au même résultat.


Avant mai dernier, le record d'émission mensuel d'action sur un mois était de 38 milliards de dollars. Mais au mois de mai ce record a volé en éclats, avec un total mensuel de 64 milliards de dollars. Et ce n'est pas tout. Cette tendance s'est poursuivie pendant les deux premières semaines de juin.


En quoi cette tendance à émettre des actions nouvelles serait-elle un mauvais présage ? En se penchant sur l'histoire récente, Trimtabs a dénombré douze mois depuis 1998, au cours desquels les émissions d'actions ont totalisé plus de 30 milliards de dollars. A chaque fois, le rendement moyen du S&P 500 au cours des trois mois qui ont suivi était une perte de 4%.


Poussant le raisonnement jusqu'au bout Trimtabs s'est focalisé sur les mois au cours desquels non seulement, les sociétés ont émis plus de 30 milliards de dollars d'actions nouvelles mais à la condition supplémentaire que les émissions restent supérieures aux achats d'actions. Cette fois, le rendement moyen du S&P 500 au cours des trois mois qui ont suivi était encore inférieur, avec une perte de 7%. Ces conditions sont celles en vigueur dans la période que nous traversons actuellement. En effet, selon TrimTabs, depuis le début du mois de mai, les émissions d'actions nouvelles sont cinq fois supérieures aux achats d'actions.


Le récent bond des émissions d'actions a également attiré l'attention du cabinet américain Ned Davis Research. Il s'est concentré non pas sur les données mensuelles des émissions d'actions, mais sur une base de 13 semaines glissantes. Sur cette base, il constate que le nombre d'action nouvelles actuel a été dépasse à deux reprises seulement, au début de l'an 2000 et début 2008. Selon lui, ce n'est clairement pas le meilleur moment d'acheter des actions.


Plus inquiétant encore. Selon Ned Davis, Le pic d'émissions d'actions est l'une des caractéristiques de la Grande Dépression des années 30, plus précisément, entre novembre 1929 à avril 1930. Ensuite, c'est-à-dire entre avril 1930 et juillet 1932, le Dow Jones a perdu 86%. Mais Ned Davis reste cependant prudemment optimiste sur la période actuelle et pense que le rallye boursier qui courre depuis mars a encore de beaux jours devant lui. Trimtabs ne partage pas son enthousiaste. Selon lui, les actions américaines risquent de «chuter lourdement».