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Un vent de changement souffle sur l'indice Dow Jones

06/06/2009 00:00 - JDF

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General Motors ne fait plus partie de l'indice Dow Jones. Le constructeur automobile en était pourtant l'un des piliers depuis son entrée, en 1915. Mais sa faillite aura suffi à son éviction. « Un dépôt de bilan disqualifie immédiatement un titre, quels que soient l'histoire de la société ou son rôle en tant qu'icône culturelle », a expliqué Robert Thomson, rédacteur en chef du groupe Dow Jones. C'est la première fois depuis vingt-sept ans qu'une entreprise sort de l'indice phare de la Bourse de New York pour cause de faillite.
Les spéculations sur un changement au sein de l'indice étaient devenues de plus en plus fortes ces dernières semaines, au vu des déboires de General Motors et de Citigroup. « Un marché terriblement baissier et la récession ont contribué à maintenir le caractère pertinent et représentatif de ces titres pendant une période plus longue qu'en temps normal », précise la direction du groupe Dow Jones.
Un indice de référence
Signe des temps, l'ancien fleuron de l'automobile va être remplacé au sein du club très fermé des trente valeurs composant l'indice Dow Jones par la société Cisco, rescapée de la bulle Internet et numéro un mondial des réseaux Internet. L'équipementier télécoms, qui affiche généralement de solides profits, donne souvent la tendance dans son secteur.
Mais le constructeur américain n'est pas le seul à tirer sa révérence. Citigroup, qui figurait dans l'indice depuis 1997, sera également remplacé lundi 8 juin. Donc, jusqu'à cette date, l'indice Dow Jones sera coté, amputé d'une valeur.
Ironie du sort, Travelers, qui va remplacer Citigroup, n'est autre qu'une des anciennes filiales que la banque avait introduite en Bourse en 2002, après avoir renoncé à ses ambitions de « supermarché de la finance mondiale ». Avant son rachat par Citigroup, Travelers avait déjà figuré une première fois dans l'indice en 1997. « Nous étions réticents à retirer Citigroup, mais la banque fait l'objet d'une lourde restructuration qui va aboutir à une prise de participation importante et durable du gouvernement », a expliqué Robert Thomson.
Travelers comble un vide dans l'indice. En effet, le secteur de l'assurance n'était plus représenté dans le Dow Jones depuis le retrait d'American International Group (AIG) en septembre 2008, remplacé par Kraft Foods.
Un fonctionnement atypique
Contrairement à d'autres indices comme le CAC 40, aucune révision régulière de la composition du Dow Jones n'est planifiée. Chaque changement est donc une surprise. Outre la disparition d'AIG en septembre 2008, Bank of America et Chevron ont rejoint les membres du Dija (Dow Jones Industrial Average) en février dernier, à la suite de l'exclusion d'Altria et d'Honeywell. « Les modifications tiennent compte des tendances des marchés américains. Il n'y a pas de critères prédéterminés pour entrer ou sortir de l'indice ; nous essayons de faire en sorte que toutes les composantes soient des leaders dans leurs secteurs respectifs », précise la direction du groupe Dow Jones. Le mode de fonctionnement du plus vieil indice est pour le moins atypique. Depuis toujours sa composition est décidée par les rédacteurs du quotidien financier Wall Street Journal. Une particularité due à l'histoire même du Dow Jones.
Tout commence lorsque Charles Dow et Edward Jones, tous deux journalistes, quittent l'agence de presse financière de New York et se mettent à rédiger des bulletins d'information dans un sous-sol de Wall Street et les font porter à leurs clients. Une feuille quotidienne complète rapidement ce service, elle devient le Wall Street Journal le 8 juillet 1889.
L'indice Dow Jones été créé dès 1884 par Charles Dow. Il comprend alors 11 entreprises, dont 9 sont des sociétés des chemins de fer. Les deux autres, Western Union et Pacific Mail, opèrent dans le télégraphe et la marine à vapeur. Mais sa première publication, construite à partir d'une liste de 12 titres, n'interviendra que le 26 mai 1896. Parmi ceux-ci, seul General Electric existe encore. Tout au long de ces années, General Electric aura d'ailleurs été exclu puis réintégré à deux reprises.
A 40,94 points le premier jour de son existence, le Dow a touché son point haut historique en clôture le 11 octobre 2007, à 14.198,10 points. Il aura tout de même fallu quatre-vingt-dix-neuf ans pour que les 5.000 points soient atteints, et seulement trois ans et quatre mois supplémentaires pour parvenir aux 10.000 points, le 18 mars 1999.
CLÉMENCE FUGAIN