Renault fait le dos rond en attendant le redémarrage des marchés automobiles

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L'enjeu est double : traverser, sans trop de dégâts, la crise sur le court terme et préparer le futur avec des véhicules plus en adéquation avec les nouvelles attentes des automobilistes.
Une chasse aux coûts en attendant des jours meilleurs
A défaut d'une reprise sur les volumes en 2009 et en 2010, la production (qui a déjà été réduite de 45 % sur le dernier trimestre 2008) va continuer d'évoluer à bas régime, et l'amélioration du besoin en fonds de roulement oblige à diminuer massivement les stocks. Et sur cet objectif, Renault aura fait mieux que prévu, avec une baisse d'un tiers du nombre de véhicules en stock sur un an, à fin mars. Cet effort va se poursuivre. De même, entre 2007 et la fin de 2009, les frais de R&D (4,9 % du chiffre d'affaires) seront réduits de 15 %, et les investissements industriels abaissés de 24 %. Des économies supplémentaires sur les achats et les frais fixes sont aussi attendues. Enfin, la masse salariale va diminuer avec les nombreux départs volontaires (6.000 personnes dans le monde) et le groupe envisage pour près de 1 milliard d'euros de cession d'actifs immobiliers. L'ensemble de ces mesures doit permettre de renouer avec un cash-flow libre positif (contre - 3 milliards en 2008), alors que les résultats devraient être déficitaires en 2009, ne serait-ce qu'à cause des pertes de Nissan, consolidées à hauteur de 44 %.
Les actionnaires sont aussi mis à contribution puisque aucun dividende n'a été payé au titre de 2008, et qu'il devrait en être de même pour le compte de l'exercice actuel.
Enfin, grâce au prêt de 3 milliards d'euros accordé par l'Etat en début d'année, l'ancienne Régie nationale a sécurisé ses besoins de financement pour l'exercice en cours (6,5 milliards d'euros, dont 3 milliards pour RCI Banque, sa filiale de crédit automobile).
Cela dit, avec une dette financière nette de 7,9 milliards d'euros à fin 2008 (41 % des fonds propres), Renault reste le constructeur européen le plus endetté. Une situation que le groupe doit notamment à l'acquisition de 25 % du russe AvtoVAZ (propriétaire de Lada), qui aura coûté plus de 600 millions d'euros.
Si les économies et le désendettement sont prioritaires, Renault n'en oublie pas de poursuivre son offensive produits (17 lancements depuis le début du plan Contrat 2009). Cette année, la marque au losange lance huit modèles, dont la deuxième génération de Scénic. Un lancement crucial car ce véhicule est, avec Mégane, au coeur de la gamme. A elles deux, ces voitures ont représenté par le passé 66 % des résultats de la marque au losange. Fin 2009, l'âge moyen de la gamme sera ramené à 2,2 ans, ce qui en fera la plus jeune d'Europe.
Par ailleurs, Renault ambitionne toujours d'être, à terme, le constructeur généraliste européen le plus rentable et le plus compétitif. Autrement dit, l'objectif d'une marge opérationnelle de 6 %, mis de côté aujourd'hui, guidera à nouveau le groupe dès la reprise.
Autre point positif pour l'avenir, avec 60 % de ses véhicules vendus émettant moins de 140 g de CO2 par kilomètre et la commercialisation en 2011 de sa première voiture 100 % électrique, Renault se pose comme un leader de la voiture verte. Enfin, la firme de Boulogne- Billancourt dispose d'une belle avance sur le marché des véhicules low cost, grâce à la famille Logan (qui compte six déclinaisons).
NOTRE CONSEIL
Rester à l'écart. Le rebond actuel de l'action est fragile car Renault sera probablement en perte cette année.
Rester à l'écart. Le rebond actuel de l'action est fragile car Renault sera probablement en perte cette année.
Si la situation sur les marchés automobiles est susceptible de se stabiliser au fil des mois, il est encore prématuré de revenir à l'achat (code : RNO, Comp. A, SRD).
PAR JÉRÔME MARMET
