Société Générale

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« Oui, nous avons fait des erreurs, et 2008 restera pour nous un annus horribilis, mais nous allons tout faire pour que votre confiance soit récompensée. » Le discours que Frédéric Oudéa, dans son nouveau costume de P-DG (même si une assemblée extraordinaire devra encore le confirmer à cette fonction dans les prochaines semaines), a adressé aux actionnaires, réunis mardi 19 mai au soir pendant quatre heures en assemblée générale, sonnait à la fois comme un mea culpa et un appel à la remobilisation. La période difficile n'est pas finie, a reconnu la direction de la banque. « Au deuxième trimestre, d'autres dépréciations ne sont pas exclues, mais le groupe a les moyens de les absorber », a souligné le nouveau capitaine. Avant de préciser, en réponse à un petit porteur désagréablement surpris par la perte du premier trimestre (- 278 millions d'euros), qu'il ne « reste pas de cadavre dans le placard. Les actifs à risque ont été identifiés, mais il est impossible de prédire à combien s'élèveront les provisions ».
Autre sujet délicat, les rémunérations (stock-options, régimes de retraite, actions gratuites). L'annonce du salaire de Frédéric Oudéa (850.000 euros par an, soit « l'un des plus bas salaires des dirigeants du CAC 40 ») et les détails sur la retraite de Daniel Bouton, que de nombreux actionnaires auraient aimé voir présenter « des excuses personnellement », a provoqué des huées.
De plus, les dirigeants ont beau clamer que l'« alignement avec l'intérêt des actionnaires est un élément clé », les nombreuses questions se rapportant au dividende indiquent que les intéressés n'en étaient pas totalement convaincus. Ils auraient aimé être récompensés pour leur fidélité par un dividende majoré, « comme chez L'Oréal », un dividende exceptionnel ou des actions gratuites, « comme chez Air Liquide ». Frédéric Oudéa a expliqué que le taux de distribution de 36 %, contre 45 % habituellement, reflète le souci de « rémunérer les actionnaires, tout en préservant notre capital en ces temps difficiles », ajoutant que de nombreuses banques n'avaient versé aucun dividende au titre de l'année 2008.
Le P-DG a surtout demandé aux personnes présentes d'être patientes : « face à une telle crise, seul le long terme doit être la référence », faisant référence à la fois à la valeur de l'action et à la manière dont la Société Générale se prépare « pour être un acteur européen de premier plan à la sortie de crise ». Convaincue que la présence dans les pays émergents, qui pénalise aujourd'hui le groupe, « permettra de faire la différence », la Société Générale s'attelle à être une banque « proche de ses clients, efficace, universelle, avec une croissance durable et profitable ».
NOTRE CONSEIL
Rester à l'écart (code : GLE, Comp. A, SRD).
Rester à l'écart (code : GLE, Comp. A, SRD).
A.H.
