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La consolidation intervenue en fin de semaine ressemble plus à une pause dans le
rally qui s'est amorcé à la mi-mars qu'à un retour de la baisse. C'est la première fois depuis le début de la crise boursière de l'été 2007 qu'un rebond boursier s'accompagne d'une amélioration des fondamentaux. En Bourse, personne n'a la naïveté de croire que la crise est terminée. L'activité est au plus bas et le chômage n'a pas fini de progresser. Plusieurs indicateurs avancés portant sur l'activité et le marché de l'emploi, qui s'étaient améliorés en avril, se montrent aujourd'hui plus hésitants. Toutefois, tout semble indiquer que le plus gros de la crise est passé. Le redressement progressif de la situation des banques, qui enregistrent des résultats moins mauvais qu'attendu, constitue un signe encourageant sans lequel aucun rebond n'est envisageable.
Les placements monétaires ne rapportent plus rien ! D'un point de vue purement boursier, il importe de bien comprendre que la plupart des grandes gestions ont été prises de cours par la vigueur de la hausse intervenue ces dernières semaines. La faiblesse des volumes traités montre d'ailleurs que les acteurs finaux ne sont pas encore revenus. Nous pensons donc que toutes les séances de consolidation qui interviendront dans les prochains jours seront mises à profit pour inciter les investisseurs à revenir à l'achat, ce qui soutiendra la tendance. La faible rémunération qu'offrent aujourd'hui les placements monétaires, qui rapportent autour de 0,2 % par trimestre, constitue elle aussi une forte incitation à revenir sur les actions, avec des perspectives de gains en capital élevés et un rendement autrement plus attrayant (4,4 % net en moyenne sur les valeurs de l'indice CAC 40). Cela avec un risque limité après près de deux années de baisse ininterrompue, et surtout à un moment où les pires nouvelles économiques et concernant les résultats des entreprises sont intégrées dans les cours. En se référant à l'analyse technique, il apparaît que le fait que la moyenne mobile des 50 dernières séances de l'indice large des valeurs américaines, le S&P 500, soit sur le point de croiser à la hausse la moyenne mobile des 150 dernières séances constitue un signe encourageant. Sur l'indice CAC 40, nous n'y sommes pas encore, mais une vingtaine de valeurs de notre indice se situent déjà dans une configuration très positive de croisement des moyennes mobiles de court et de long terme.
Déception sur les défensives Dans ce contexte, il ne paraît pas opportun de chercher à se protéger en achetant des valeurs défensives. Ces dernières n'ont pas résisté à la baisse du marché en 2008, alors qu'elles ont toutes aujourd'hui de fortes probabilités de se faire distancer pendant les phases de rebond. C'est d'ailleurs le cas de titres comme France Télécom, GDF Suez ou Vivendi. C'est pourquoi nous proposons une sélection de dix valeurs sensibles à l'évolution du cycle économique qui sont bien placées pour profiter d'une poursuite du rebond boursier. Toutes bénéficient d'une situation financière solide et leurs résultats ont de fortes chances de repartir de l'avant avec une reprise même modeste de l'activité. Parmi les titres que nous avons sélectionnés figurent bien entendu des valeurs financières qui restent très faiblement valorisées, puisque toutes les grandes banques de la cote se paient au-dessous de la valeur de leurs fonds propres. Cette situation n'a pas de raison de perdurer pour les établissements qui sont appelés à rapidement retrouver une situation largement bénéficiaire et dont les fonds propres sont suffisants pour qu'ils soient à l'abri de nouvelles augmentations de capital. Nous avons dans ces conditions décidé de sélectionner BNP Paribas, qui présente tous les avantages d'une grande banque universelle, dont les engagements à risque sont bien provisionnés.
Privilégiez les industrielles Dans le secteur financier, nous avons aussi choisi CNP Assurances, qui se trouve dans le même cas. La compagnie présente un profil peu risqué pour un investisseur avec, comme BNP Paribas, un potentiel de hausse de 25 % à dix-huit mois et un rendement attrayant. Nous avons également sélectionné plusieurs valeurs industrielles, comme ArcelorMittal, Imerys ou Lafarge, qui ont été très attaquées ces derniers temps et qui disposent de belles perspectives de valorisation en cas de reprise même limitée de l'activité. Ces trois sociétés sont surtout parvenues à renforcer leurs fonds propres pendant la crise, ce qui rassure les investisseurs et les met à l'abri de nouvelles augmentations de capital, très dilutives pour les actionnaires. Même chose pour Pernod Ricard, qui a eu le courage de renforcer ses fonds propres en début d'année. Figurent aussi dans notre sélection des affaires de premier plan toutes très bien placées pour bénéficier d'une embellie économique sur tous les continents, notamment en Asie, et qui en profiteront d'autant mieux qu'elles disposent d'une structure financière très solide. C'est notamment le cas de LVMH dans le secteur du luxe ou de Sodexo dans la restauration collective, qui offre une bonne visibilité sur l'évolution de ses revenus. Dans le domaine de la promotion immobilière, Nexity, qui s'est totalement désendetté depuis la vente de sa participation dans le Crédit Foncier, constitue un ticket plus spéculatif. Ce titre peut être raisonnablement joué dans un secteur totalement massacré en Bourse. Technip revient à miser à plus long terme sur le retour en grâce de la production pétrolière et de l'assistance aux compagnies productrices de pétrole, qui ne peuvent plus se passer des services des sociétés parapétrolières.