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S&P menace la notation du Royaume-Uni

23/05/2009 00:00 - JDF

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Autant dire qu'en pleine tempête politico-financière le premier ministre britannique, Gordon Brown, n'avait pas besoin d'un tel désaveu. Attendue depuis plusieurs mois, la dégradation par Standard & Poor's de la perspective de la notation britannique a néanmoins ému tout le monde : des cambistes, pris d'un accès de défiance sur la livre, aux médias, qui en ont tous fait leur une au lendemain de l'annonce. L'agence de notation S&P estime que la dette britannique pourrait atteindre 100 % du PIB dès 2013, un niveau incompatible avec la notation AAA dont le pays bénéficie encore aujourd'hui, mais qu'il pourrait perdre dans les prochaines années. Une telle dégradation met encore plus en péril les finances britanniques, en rendant plus cher le coût de la dette. Plus optimiste, le gouvernement prévoit un ratio de dette sur PIB de 79 % pour l'exercice budgétaire 2013/2014. Le coup est sévère pour le Royaume-Uni, qui a toujours su honorer sa dette et dont la devise était la référence dans les échanges internationaux jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. « S&P pourrait abaisser sa notation sur le Royaume-Uni si le prochain gouvernement ne prenait pas des mesures concrètes pour remettre les finances publiques sur la bonne trajectoire », précise Alan Clarke, économiste chez BNP Paribas, à Londres. La prochaine échéance est donc fixée aux élections de mi-2010. « Mais S&P pourrait sévir bien avant, en cas d'attaque sur la livre, de difficulté à placer de la dette souveraine ou de dérapage plus prononcé des finances publiques », ajoute Alan Clarke. En avril, la dette a atteint 53 % du PIB, son niveau le plus élevé depuis les années 1970. Les recettes fiscales ont reculé de près de 10 %, et les dépenses ont gagné plus de 5 %, alourdies par les mesures de relance et les aides aux banques. Bien sûr, cet avertissement en fait craindre d'autres. Les Etats-Unis, dont les finances dérapent tout autant, sont protégés par leur devise de réserve. Mais après avoir tour à tour dégradé la Grèce, l'Irlande, l'Espagne et le Portugal, il est probable que S&P ne s'arrête pas là.
Caroline Mignon