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L'histoire de Bernard Tapie à la Bourse de Paris n'est pas un long fleuve tranquille. Sa holding Bernard Tapie Finance (BTF) fait son entrée à la Bourse en novembre 1989. A l'époque, l'homme d'affaires fait une publicité télévisée. Son entreprise est indissociable du personnage,
« l'homme stratégie » selon Bernard Tapie. Introduite à 142 francs (21,6 euros), l'action fera l'objet d'une offre publique de retrait en décembre 1992 au prix de 100 francs (15,2 euros) seulement. Pendant ces années-là, Bernard Tapie se distingue par un chapelet de promesses non tenues. Il souligne à de très nombreuses reprises que le spécialiste du pesage Terraillon fera l'objet d'un rachat par les salariés, ce qui n'aura pas lieu. Les intérêts dans TF1 sont cédés à la va-vite. Quant au rachat d'Adidas en 1990, il est réalisé avec un recours massif à l'emprunt. Par la suite, la revente d'Adidas échoue dans un premier temps, avant que ce soit le Crédit Lyonnais qui se lance dans un montage douteux. Sa confiance dans l'établissement bancaire qui l'a toujours soutenu va perdre Bernard Tapie. Toute sa fortune reposait sur un recours à l'effet de levier. Aujourd'hui encore, il reste quelques actionnaires de Bernard Tapie Finance. A la tête de moins de 0,2 % du capital, ils réclament une indemnisation. D'après une lettre que nous avons en notre possession, le CDR Créances, entité de liquidation du Crédit Lyonnais, propose 10 euros pour chaque action CEDP (nouveau nom de BTF) jusqu'au 31 mai.
« Ce prix est scandaleux », estime Jean Bruneau, président de l'association des petits porteurs pour l'annulation de la vente litigieuse d'Adidas. Ce dernier demande au moins 60 euros par titre. Il promet de relancer une procédure si le CDR n'accède pas à sa demande. Tapie n'aura vraiment connu la réussite qu'une fois en Bourse, bien avant la création de BTF. Il s'agissait de la revente réussie de Wonder (avec Bouygues) dans les années 80.