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Une politique monétaire non conventionnelle

09/05/2009 00:00 - JDF

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« La BCE se tient prête à prendre des mesures non conventionnelles pour assurer l'accès au crédit », déclarait récemment Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne. Après plusieurs mois de crise marqués par une série de baisses successives des taux directeurs, les banques centrales ont sans doute tiré leurs dernières cartouches. L'arme des taux semble bien impuissante à stimuler l'économie. En baissant significativement le niveau des taux de refinancement des établissements financiers, les banques centrales facilitent l'accès au crédit et tentent ainsi de soutenir l'activité économique. Aux Etats-Unis, le potentiel de détente des taux d'intérêt à court terme est épuisé. Il est déjà proche de zéro. En Europe, la BCE pourrait rapidement passer sous la barre de 1 % et se retrouver dans la même situation que son homologue américain. Que reste-t-il aux banques centrales pour combattre la récession quand l'arme des taux a été utilisée ? « La baisse des taux d'intérêt n'est pas forcément le meilleur moyen de combattre la récession », affirmait récemment Jean-Claude Trichet. L'allusion est évidente. La BCE pourrait prochainement recourir à des mesures non conventionnelles pour empêcher les économies européennes de sombrer dans la déflation, à savoir la baisse continue des prix dans un contexte de récession. Parmi les mesures envisageables, la Banque centrale peut recourir à ce que l'on appelle l'assouplissement quantitatif. Afin de répondre aux besoins de liquidités des banques, l'institut d'émission peut décider de racheter aux banques les dettes de sociétés privées qu'elles détiennent dans leur bilan. Elles recevront ainsi du cash, nécessaire à l'octroi de crédits. Cette mesure exceptionnelle permet en effet d'augmenter significativement le montant des liquidités en circulation. Des mesures exceptionnelles En procédant de la sorte, la Banque centrale apporte aux établissements financiers les liquidités qui leur font tant défaut depuis l'automne 2007. C'est un outil de relance non conventionnel. La contrepartie est la suivante : la Banque centrale décide d'augmenter son exposition au risque en rachetant des dettes du secteur privé. L'assouplissement quantitatif a été utilisé entre 2001 et 2006 au Japon afin de doper l'économie une fois tous les outils « conventionnels » utilisés. Aux Etats-Unis, la Fed a déjà mis en place ce type de mesure pour soutenir le système financier. Les autorités monétaires américaines n'hésitent pas à racheter des emprunts d'Etat aux banques afin de leur offrir tous les moyens financiers dont elles ont besoin. Après les Etats-Unis, de plus en plus d'investisseurs tablent sur un assouplissement quantitatif de la politique monétaire européenne à brève échéance. A-t-elle vraiment le choix ? L'arme des taux semble avoir montré ses limites. Que ce soit au Japon et plus récemment aux Etats-Unis, les taux zéro n'ont pas suffi à débloquer la situation et à relancer l'économie. La Banque centrale européenne va devoir à son tour se résigner à prendre plus de risques.
YANNICK ROUDAUT