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La morale de la fable

09/05/2009 00:00 - JDF

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Que n'avons-nous écouté Warren Buffett lorsqu'il y a sept ans il nous mettait en garde contre les produits dérivés, ces « armes financières de destruction massive » ! Pour Berkshire-Hathaway, l'année passée a été la plus mauvaise depuis que Buffett a repris les commandes, et l'Oracle d'Omaha n'a pas tenté de dissimuler ces faits, ni dans sa lettre aux actionnaires ni lors du grand rassemblement annuel des fidèles de ce week-end. A cette occasion, ils ont pu recueillir des bribes de cette sagesse que Buffett continue de dispenser, et qui a été distillée dans un livre, 20 Buffet Bites : Delicious Morals For Turbulent Times, écrit par L. J. Rittenhouse, actionnaire de Berkshire et présidente de Rittenhouse Rankings. Rittenhouse, qui a déclaré « faire des affaires avec des personnes de confiance après la dernière débâcle financière majeure », passe une grande partie de son temps à analyser les lettres aux actionnaires des P-DG des plus grandes entreprises, afin d'évaluer leur clarté et de juger si les mots qu'ils utilisent visent à informer ou à obscurcir. Elle a ainsi établi un classement, et révélé un lien entre celui-ci et les performances des actions des entreprises en question. « Dans ces lettres de P-DG, l'avilissement de la langue est tel que je les considère exactement comme des grafittis de P-DG », dit Rittenhouse, évoquant une étude sur la lutte contre le crime à New York qui prend en compte le nettoyage des grafittis dans le métro - une opération relatée dans le livre de Malcom Gladwell The Tipping Point. « Si on pouvait purifier la langue, on purifierait aussi la morale du monde des affaires - et ses performances, par le même occasion », prédit Rittenhouse. Dans son dernier livre, Rittenhouse a passé la lettre de Buffett au peigne fin, pour y glaner 20 conseils pour bien investir, comme celui-ci : « L'expression private equity inverse l'ordre réel des deux termes. » Elle analyse ensuite chacun de ces conseils, avant d'en tirer une morale - dans ce cas précis : « Des fables orwelliennes peuvent faire de bonnes fables pour financiers. »
PAR ROBIN GOLDWIN BLUMENTHAL