Renault

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Alors qu'ils ont vu la valeur de l'action Renault chuter de 57 % par rapport à l'assemblée générale de l'an dernier, les nombreux actionnaires réunis au Palais des Congrès à Paris ont fait preuve de compréhension à la perspective de ne pas toucher de dividendes.
En effet, le constructeur automobile a dû abandonner l'idée d'un dividende au titre de 2008, en échange d'un prêt public de l'Etat de 3 milliards d'euros. « Verser un dividende revenait à nous endetterun peu plus, a ainsi justifié Carlos Ghosn (nommé président du conseil d'administration, en plus de sa fonction de directeur général, en remplacement de Louis Schweitzer, très applaudi, qui assistait à sa dernière assemblée). Compte tenu de la crise actuelle, il ne faut sans doute pas s'attendre à un coupon au titre de l'exercice en cours, mais nous renouerons avec une politique de dividendes dès la fin de la crise. » La résolution portant sur la suppression du dividende a donc été adoptée à la quasi-unanimité (99,8 % des voix présentes).
De même, pour éviter toute polémique, Renault avait pris soin de retirer du vote les résolutions portant sur l'attribution de stock-options et d'actions gratuites. Une décision symbolique fort appréciée par l'auditoire.
Pour le management, l'assemblée générale a surtout été l'occasion de revenir sur la crise qui frappe l'automobile et d'expliquer les mesures que le constructeur met en oeuvre afin de retrouver « un free cash flowpositif » :la priorité de l'année 2009. Cela passe, pêle-mêle, par la réduction des coûts, des investissements et du besoin en fonds de roulement.
En conséquence, Carlos Ghosn a tordu le cou aux rumeurs d'un possible intérêt pour Opel. « Dans la situation actuelle, nous ne sommes à la recherche nid'acquisition ni d'alliance particulière... Nous sommes actuellement complètement centrés sur le redressement de Renault. »
Par ailleurs, le constructeur est resté flou sur ses prévisions 2009, indiquant seulement tabler sur une baisse de 19 % du marché automobile mondial.
Toutefois, dès la sortie de crise (attendue au mieux en 2010), un nouveau plan chiffré s'appuyant sur les mêmes fondamentaux que Contrat 2009 sera présenté. « Notre ambition à terme reste d'être le constructeur généraliste le plus compétitif et rentable en Europe », a déclaré Carlos Ghosn. La marque au losange, qui lancera cette année 8 modèles (dont la nouvelle Scénic), fonde aussi de grands espoirs sur son programme de véhicules 100 % électriques, dont le premier (le Kangoo Be-Bop ZE dévoilé sur la scène du Palais des Congrès) d'une gamme de quatre modèles sera commercialisé en 2011.
NOTRE CONSEIL
Rester à l'écart. Le plus dur semble passé pour Renault, mais il faut rester vigilant. Le rebond du titre est purement technique car il n'y a pas encore de véritable reprise dans l'automobile (comme en atteste la chute de 7 % des immatriculations en France au mois d'avril) et le constructeur devrait être déficitaire sur le premier semestre (code : RNO, Comp. A, SRD).
Rester à l'écart. Le plus dur semble passé pour Renault, mais il faut rester vigilant. Le rebond du titre est purement technique car il n'y a pas encore de véritable reprise dans l'automobile (comme en atteste la chute de 7 % des immatriculations en France au mois d'avril) et le constructeur devrait être déficitaire sur le premier semestre (code : RNO, Comp. A, SRD).
Jérôme Marmet
