Lafarge

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La musique adoucit les moeurs. Salle Pleyel, l'assemblée générale de Lafarge a donc commencé par un petit concert du clarinettiste Michel Lethiec, accompagné d'un quatuor et d'un contrebassiste. Une façon agréable de débuter la réunion, sous les applaudissements.
La suite du programme était plus studieuse. Le P-DG, Bruno Lafont, a d'abord remercié les actionnaires d'avoir participé, et même souscrit à 172 % à l'augmentation de capital de 1,5 milliard d'euros récemment effectuée. Cette opération était nécessaire pour améliorer la situation financière de l'entreprise, après l'acquisition d'Orascom Cement. Elle fait partie d'un plan de mesures de 4,5 milliards d'euros, déjà bien lancé. Le cimentier a réalisé plus de 230 millions d'euros de désinvestissements depuis le début de l'année, soit presque un quart de l'objectif fixé pour 2009. Une autre mesure concerne la réduction « exceptionnelle » du dividende, divisé par deux. Fixé à 2 euros, il sera mis en paiement le 6 juillet.
Au premier trimestre, traditionnellement faible, les comptes de Lafarge sont tombés dans le rouge. Le cimentier a publié une perte nette de 17 millions d'euros, pour des recettes de 3,6 milliards (- 9 %). Le Moyen-Orient ou l'Afrique affichent encore une belle croissance, mais les volumes de ventes ont chuté dans les pays développés. Lafarge a donc revu à la baisse son estimation annuelle et attend désormais une baisse des volumes de ciment vendus, de 2 à 5 % en 2009 (0 à 3 % initialement).
Bruno Lafont reste néanmoins optimiste. « Nous sommes les producteurs d'un matériau dont les besoins n'ont fait que croître depuis des décennies », a-t-il souligné. Pendant la crise, les plans de relance doivent aussi soutenir l'activité.
Les investisseurs présents semblaient partager cet avis et les questions posées ont davantage porté sur la situation financière du groupe. Un actionnaire individuel s'est réjoui de l'augmentation de capital. Celle-ci permettra un remboursement anticipé des deux premières tranches du crédit Orascom, et donc une suppression des covenants (ratios financiers prévus dans les contrats d'emprunts bancaires).
Toutefois, un autre actionnaire s'est inquiété qu'une résolution définisse les conditions d'une éventuelle autre augmentation de capital. Bruno Lafont lui a répondu que ce type de texte était usuel. « Nous avons lancé un plan de 4,5 milliards d'euros, dont 3,5 milliards d'euros de réduction de l'endettement. Il ne faut certainement pas en attendre un autre, car celui-ci a été correctement dimensionné », a affirmé Bruno Lafont.
Le P-DG a aussi été interrogé sur sa rémunération. « L'existence de parachutes dorés et de retraites chapeaux n'est pas très décente par les temps qui courent », a jugé un actionnaire. Bruno Lafont s'en est alors remis au comité des rémunérations, « gardien du système ». Puis il a tenu à rassurer : « Je ne songe ni à quitter l'entreprise ni à prendre ma retraite. » Le P-DG, qui s'est engagé à rester à son poste au moins jusqu'en 2011, ne manque pas de travail à accomplir.
NOTRE CONSEIL
Achat (code : LG, Comp. A, SRD), avec un objectif relevé à 60 euros. Le titre se paie environ 7 fois le bénéfice net estimé pour 2009 (1,2 milliard).
Achat (code : LG, Comp. A, SRD), avec un objectif relevé à 60 euros. Le titre se paie environ 7 fois le bénéfice net estimé pour 2009 (1,2 milliard).
FA.B.
